Environ 70 pêcheurs professionnels de Pointe-d’Esny à Mahébourg, dont Tony Apollon, un travailleur social, se retrouvent depuis ce matin face à un phénomène des plus incompréhensibles. Depuis 07 h, plusieurs dizaines de camions déversent des rochers dans le lagon à proximité de l’hôtel Le Preskil (où les visiteurs s’embarquent pour l’île-aux-Aigrettes) en vue d’en combler une partie.
Les pêcheurs ont durant toute la journée essayé d’avoir une version officielle des autorités concernées mais en vain jusqu’ici. « Nous avons entendu dire que les autorités effectuent ce comblement mais nos appels sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Personne n’a été en mesure de nous fournir une  explication », déplore Tony Apollon, travailleur social et porte-parole des pêcheurs.
« Nous regrettons surtout que nous n’ayons pas été consultés et qu’il nous a fallu découvrir l’exercice de comblement par nous-mêmes », s’insurge Alain Lamarque, un des 70 pêcheurs. Devant le manque total d’informations, les pêcheurs soutenus par leur porte-parole ont fait une déposition au poste de police de Blue-Bay.
Contacté par Le Mauricien, un officier du Centre de recherche d’Albion nous a indiqué que ces travaux sont effectués par la Road Development Authority (RDA). Selon les indications disponibles au niveau de l’organisme, le comblement est dû à la construction d’une route. « La route actuelle est de très mauvaise qualité et est sur le point de céder. Il nous faut agir avant qu’un véhicule ne se retrouve dans l’eau », soutient une source digne de confiance. Ainsi, explique cette source, il nous faut prévoir cette bordure avant de démarrer tous travaux. « La bordure est indispensable pour éviter de se retrouver face à une situation similaire à l’avenir. Ainsi la nouvelle route sera-t-elle de 3 m de large sur une distance de 350 m », précise-t-elle.
Toutefois, déclare notre interlocuteur, la réaction des pêcheurs et des habitants de l’endroit est tout à fait compréhensible dans la mesure où ils découvrent les travaux maintenant. « En temps normal, ils auraient dû être au courant puisque la mer est leur gagne-pain et qu’ils sont les premiers touchés lorsqu’il s’agit d’un développement en mer », reconnaît notre source.
Selon les informations glanées dans les milieux concernés, il ressort que c’est le ministère de la Pêche (au courant dès le début) qui aurait dû informer les 70 pêcheurs professionnels de ces travaux.