En marge du Maha Shivaratree prévu le 10 mars, les dévots sont en pleine préparation pour le pèlerinage jusqu’à Grand-Bassin. À Plaine des Papayes, Kishan Bahadoor et ses amis terminent la conception de leur kawal. À Ste-Croix, un groupe de bénévoles se prépare à accueillir les pèlerins lorsque ces derniers rentreront de leur périple.
Comme chaque année, à quelques jours de la fête Maha Shivaratree, les rues de Maurice rayonneront de la splendeur des kawals posés sur les épaules des pèlerins. Cette année, Kishan Bahadoor est son groupe d’amis se mêleront au cortège vers le lac sacré, tout comme ils l’ont fait l’an passé, quand ils ont effectué leur premier pèlerinage en commun. “Nous sommes 17 et nous habitons tous la même rue. Depuis notre enfance, nous accompagnons nos parents pour la fête. L’année dernière, nous avons décidé de concevoir notre propre kawal et de faire le pèlerinage ensemble. Nous allons renouveler l’expérience cette année.”
Kawal.
Quand nous les avons rencontrés chez un des membres du groupe, les jeunes terminaient la conception de leur beau kawal. Celui-ci avait déjà son aspect final; il ne manquait plus que quelques morceaux de tissu pour couvrir certains endroits et l’installation des épaulettes qui permettront aux dévots de porter le kawal. “Nous avons commencé la conception le 1er février et nous sommes heureux du résultat. L’année dernière, nous avons utilisé du bois comme matière première et le kawal était très lourd. Cette année, nous avons choisi des métaux relativement légers, comme l’aluminium. Ce qui fait que notre kawal sera moins dur à porter”, confient-ils. Le coût de la conception avoisine les Rs 18,000 selon les jeunes.
Carême.
Pour accomplir correctement leur pèlerinage, les jeunes confient qu’ils vont observer le carême et être fidèles aux prières traditionnelles avant, pendant et après leur périple. “Nous n’allons ni manger de la chair ni consommer de l’alcool. Avant de sortir de chez nous, vers 17h le 6 mars, nous allons faire une prière, qui va nous donner du courage pour le trajet”, souligne Kishan. Il précise que ses parents ainsi que ceux de ses amis les accompagneront jusqu’au prochain village, avant de rebrousser chemin. Quant aux jeunes, ils ont prévu de se reposer pendant trois heures dans les environs de Solitude avant de poursuivre leur pèlerinage jusqu’au lac sacré.
Le 6 mars, les jeunes croiseront probablement, sur le chemin du retour, Minta Quedoo et ses collègues bénévoles du Ste-Croix Sai Baba Centre ainsi que des Sai Baba Centres du nord. Ces derniers font le seva depuis de nombreuses années. “Seva veut dire donner à manger et à boire aux pèlerins. Nous nous arrangeons pour aller à Grand-Bassin avant tout le monde pour pouvoir servir les dévots qui feront le pèlerinage. Le fait de servir les pèlerins nous procure une grande satisfaction”, confie Minta.
Tâche herculéenne.
Selon Minta, une tâche herculéenne attend ses collègues et elle le 8 mars, le jour qu’ils ont choisi pour organiser le seva. “Nous serons 80 personnes environ dans le temple à Kaylasson. Nous allons tout préparer sur place. Tout au long de la journée, il y aura des adultes, des enfants et des personnes âgées, avec chacun son rôle clairement défini. Certains cuisineront, d’autres devront servir les pèlerins alors que d’autres encore feront la vaisselle.”
Les pèlerins pourront ainsi se désaltérer avec des litres de jus et consommer la nourriture qu’ils vont préparer. Comme chaque année, le groupe de bénévoles préparera des faratas accompagnés de curry de gros pois et de pommes de terre, une rougaille de pommes d’amour, un chatini de coco et un koutia de mangue. Au menu également, du briani. Minta précise qu’il faut prévoir des menus contenant du sel et sans sel. “Il y a beaucoup de dévots qui n’aiment pas le sel. Il faut en tenir compte.”
Ingrédients.
Vu le grand nombre de pèlerins attendus, Minta confie qu’elle a prévu d’utiliser plus de 4 balles de farine, quelque 150 livres de giraumon, 50 livres de gros pois et 100 livres de pommes de terre. “Chaque année, le nombre de personnes que nous accueillons augmente. Nous prévoyons un peu plus chaque année afin de pouvoir satisfaire la demande.” Les bénévoles ont également procédé à l’achat de gobelets, des assiettes en plastique ainsi que des cuillères. La grande tente prévue pour accueillir les pèlerins sera montée deux jours avant.