Le propre de la musique indienne comme de la danse consiste à atteindre un niveau de maîtrise des bases suffisant pour pouvoir ensuite improviser un chant, une mélodie, des pas ou des figures. Pendant trois jours cette semaine, les enseignants et certains élèves de la School of Performing Arts (SPA) du MGI ont repris le chemin de l’école pour montrer ce qu’ils savaient faire et le transmettre à des visiteurs, complètement néophytes ou en quête d’un perfectionnement. Ces journées portes ouvertes leur ont permis une initiation tout à fait concrète, qui devait leur permettre de choisir la discipline qui les attire le plus…
Nous avons croisé Ashwin Sembhoo à la sortie d’un cours de vocalise, dans lequel il a eu l’occasion de faire des gammes au son de l’harmonium, en compagnie d’adultes, d’enfants et d’adolescents. Cet artiste est en fait danseur professionnel à la tête de la DansArts Academy, qui propose des spectacles dans les fêtes et mariages. Il a profité de ces journées portes ouvertes pour s’essayer à toutes les expressions proposées. « Je viens aussi au MGI, nous explique-t-il, à la SPA, pour poursuivre ma formation et retrouver les bases de la danse classique indienne. J’avais commencé à suivre une formation en Bharata Natyam au MGI il y a dix ans sans aller jusqu’au bout à l’époque. » Entre-temps, il a développé son art sur des répertoires contemporains, tels le style Bollywood, et il devait en effet s’inscrire dans un cours de perfectionnement au Bharata Natyam, lorsque nous l’avons quitté.
« La musique indienne, nous rappelle Amrita Makoonlall Seebaluck, est basée sur l’improvisation et la mélodie. Avec un instrument tel le sitar, on n’en finit jamais d’apprendre. Moi-même, je continue de découvrir des techniques et ne cesse de pratiquer mes gammes. » Ce senior teacher est à l’origine de ces journées portes ouvertes, dont l’objectif est bien sûr de trouver de nouveaux élèves et se donner encore davantage de chances de révéler de nouveaux talents. Elle vous expliquera volontiers que la grande difficulté du sitar consiste, lorsqu’on débute, à adopter la bonne posture, ce qui demande tout de même quelques semaines, mais il faudra bien les trois premières années du certificat pour commencer à se débrouiller sur ce magnifique luth, dont rare complexité, doté de cordes de jeu, de cordes de bourdon et de cordes sympathiques, d’une caisse de résonance, d’un résonateur et de deux chevalets.
La dernière fois que la SPA avait organisé des journées portes ouvertes remonte à 2012. Pendant une semaine, le département avait accueilli de nombreux visiteurs, curieux de s’initier aux différents enseignements dispensés par l’école. Bien que ce soit les vacances, les professeurs et les meilleurs élèves de l’école ont fait le déplacement pour ces arts si valorisant et agréables à pratiquer une fois qu’on en maîtrise les bases.
La vocaliste et maître de conférences Premilla Hungsraz, qui a pris ses fonctions le 4 juillet dernier à la tête de la SPA, nous apprend qu’environ 70 enseignants interviennent dans les établissements du MGI, tandis que 68 professent dans les structures décentralisées et pour l’enseignement à distance. Actuellement, l’école accueille environ 1 320 élèves, dont environ 350 suivent les cours pour les enfants ou débutants, 878 suivent un cursus menant au certificat et advanced certificate et 91 au niveau tertiaire. Elle se fixe pour objectif à la fois de développer de nouveaux enseignements, tels la pratique du veena, et de former davantage d’élèves qui poursuivraient leur pratique au niveau tertiaire. Moka, France Boyer, Plaine-Magnien, Nouvelle-France, Triolet, Goodlands, Solférino, Flacq et le Rabindranath Tagore Institute, dans le nord, sont autant de lieux où apprendre la musique et la danse indiennes.