Une démocratie participative pour répondre aux abus du pouvoir. C’est ce que préconise Ashok Subron qui est d’avis qu’après 50 ans d’indépendance, « le pays nécessite une nouvelle Constitution ». Il dénonce également la « braderie » des biens publics et se dit être en faveur d’une politique écosocialiste. La General Workers Federation (GWF) et Rezistans ek Alternativ ont célébré hier la fête du Travail à Pointe Canon, Mahébourg.
« Kan ou lakaz inn pouri, li pa sifi sanz kouler lapintir. Ou bizin sanz tou pou fer li vinn solid ou bien ou ranz enn nouvo lakaz. » C’est en ces termes qu’Ashok Subron a décrit la situation actuelle du pays. Il a dénoncé le fait qu’en trois occasions « le pouvoir des travailleurs est tombé à l’eau ». Et de citer les premières élections suivant l’indépendance, celles de 1982 et de 2014. Autant de raisons, a-t-il soutenu, pour aller vers une démocratie participative, à travers une nouvelle Constitution. « Le peuple agira ainsi comme un “rotin bazar”. Kan kokin, fou zot deor. »
Ashok Subron a aussi mis l’accent sur les biens publics. Il a argué que la terre et la mer n’appartiennent pas à Showkutally Soodhun mais au peuple mauricien. « Aujourd’hui, on est en train de brader nos terres, nos plages aux milliardaires étrangers. On est en train de morceller la mer. Or, tout cela appartient au peuple. C’est à nos enfants. » L’animateur de Rezistans ek Alternativ a également critiqué le projet des Smart Cities qui, selon lui, « créeront un nouvel apartheid à Maurice ». Il a annoncé un projet de tourisme alternatif dans le sud, proposé par la Plateforme Aret Kokin Nou Laplaz.
Par ailleurs, en ce 1er mai, Ashok Subron a rendu  hommage aux travailleurs qui ont lutté et à ceux qui sont tombés dans la lutte. Il a d’ailleurs cité Anna de Bengale, Ratsitatane, Anjalay Coopen et Azor Adelaïde, entre autres. De même, il a appelé les travailleurs à « garder les deux poings levés comme nous l’a montré Emmanuel Anquetil ». Le premier point, dit-il, est pour la lutte syndicale et le deuxième, pour la politique. « On ne peut dissocier le syndicalisme de la politique », a-t-il ajouté. Il a aussi dénoncé la « trahison » de l’Alliance Lepep envers les travailleurs, en ce qui concerne le salaire minimal, la carte d’identité biométrique et les amendements aux lois du travail.
De son côté, Clency Bibi, président de la GWF, a dénoncé une « stratégie patronale avec le coup de main du gouvernement » pour diviser les travailleurs. Selon lui, la dissolution de la MSPA s’inscrit dans cette logique.
Kugan Parapen, porte-parole du dossier économique de Rezistans ek Alternativ, lui, a mis en garde contre « l’ouverture de nos frontières aux personnes fortunées », précisant que souvent « les biens sont mal acquis ». Il est d’avis que leur présence fera augmenter le coût de la vie à Maurice. Citant l’exemple des Bahamas, de la Barbade et des Îles Caïmans, il a déclaré qu’à l’avenir, « il sera très difficile pour les Mauriciens de vivre ici ».
Il a avancé qu’il faut trouver rapidement une réponse à cette situation car nos jeunes risquent d’émigrer ailleurs pour gagner leur vie et le pays risque de se retrouver dans une crise du logement. Il a aussi dénoncé le fait que des quartiers « où les Mauriciens ont contribué pour qu’il fasse bon vivre sont aujourd’hui accaparés par des étrangers ».