Intervenant au meeting du MMM/MSM à Mahébourg hier soir, dans le cadre de la campagne de mobilisation pour le rassemblement du 1er mai, le reader du Remake 2000, sir Anerood Jugnauth, a promis la réouverture de nombreuses enquêtes « où il y a eu cover-up, comme l’affaire Ramdhony » à l’arrivée de son alliance au pouvoir. Il a également réclamé la démission des ministres Anil Bachoo, Vasant Bunwaree et Mireille Martin, jugés « incompétents ».
Sir Anerood Jugnauth a pris pour cible le Premier ministre, Navin Ramgoolam, en dénonçant « la dégradation des moeurs, avec les affaires de pédophilie au MITD et au Foyer Namasté ». Pour lui, le gouvernement est « inefficace et paralysé ». Pour SAJ, « trois minis bizin démissionner : Bachoo, Bunwaree et Martin ». Il devait tirer à boulets rouges sur Vasant Bunwaree pour, allègue-t-il, « le cover-up dont a bénéficié un enseignant dans une affaire de pédophilie sur une élève âgée alors de 14 ans seulement ». L’ancien président de la république a également imputé les inondations ayant fait des centaines de sinistrés à Canal Dayot aux travaux effectués pour la Ring Road.
Revenant sur l’affaire Ramdhony, arrêté pour un vol au bungalow du Premier ministre à Roches-Noires, il s’est à nouveau dit sceptique quant au suicide par pendaison de celui-ci dans sa cellule à Rivière-du-Rempart. « Toutes les enquêtes où il y a eu cover-up seront réouvertes une fois le Remake au pouvoir ».
Prenant également pour cible le Premier ministre, Alan Ganoo, leader de l’opposition et du MMM, devait ironiser sur le « slogan trompeur » de l’Alliance sociale pour les élections générales de 2005, à l’effet que « pou sanz ou lavi dan 100 zour ». « Azordi masque Navin Ramgoolam inn tomber. A par Somduth Dulthummun, la MBC/TV ki li manipuler de manier éhontée, ek enn bann béquilles pourri ki soutenir li… Ress zis de lané, mais kapav election pou vini avan mem, kouma Printemps Arabe, bann diktater inn kit tou inn ale. Samem ki pou arriver dan pas longtemps », devait-il marteler.
Parlant des inondations meurtrières, Alan Ganoo devait déclarer que le gouvernement se refuse à instituer une commission d’enquête car « telman pese pu deor, telman dimounn pou deor ek telman latet pou tonbe ! Alor ki bizin commission d’enquête pou situer responsabilite Bachoo, bann sectaires couma Dulthummun ek Voice of Hindu, alor ki ti bizin konstruir nation mauricienne, vine defann li ! » Il devait également mentionner un à un « les services n’ayant pas fonctionné », notamment la météo, contrairement à celle de la Réunion. Pour Alan Ganoo, « kouma Bérenger ti pe dir, pays pou gagn black-out dans 2 ans si na pas fer narnien ». Il devait également mentionner les problèmes dans sa circonscription relativement aux repas chauds donnés dans les écoles estampillées Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP).
Alan Ganoo devait également évoquer divers scandales comme Betamax, NeoTown, le centre de loisirs de Belle-Mare ayant coûté à l’État Rs 180 M. « Combien d’écoles aurions-nous pu construire, combien de médicaments aurions-nous pu acheter avec une telle somme ? »
Abordant enfin les scandales financiers qui font la Une, notamment l’affaire Whitedot International Consultancy Ltd, Alan Ganoo devait condamner la remise en liberté conditionnelle de l’ex-conseillère municipale travailliste Bhimla Ramloll, alias Madame Kaba, et de Marjorie Bazerque de Je T’Aime Marketing « alors ki zot inn pran kass ek malere ». La Financial Services Commission (FSC) et la Financial Intelligence Unit (FIU), allègue-t-il, ont longtemps « fermé les yeux » sur ces affaires. « Nous sommes presque arrivés au niveau d’un lawless country ». Le pays dit-il, est à la croisée des chemins et il appartient à chacun de faire le bon choix et cela « en se rendant au meeting du 1er mai devant la municipalité de Port-Louis pour écouter le message de Paul Bérenger qui rentre au pays mercredi matin ».
Pour sa part, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, a formulé des critiques virulentes à l’égard de Vasant Bunwaree, également député de la circonscription, « pour ses relations privilégiées avec l’enseignant incriminé dans l’affaire de pédophilie ».
Le meeting était présidé par le député de la circonscription Mahen Jhugroo. Une minute de silence a été observée en hommage aux onze victimes des inondations meurtrières du 30 mars dernier dont les frères Tewary, habitant Cité-La-Chaux, Mahébourg.