« Un politicien se doit d’avoir la peau très dure. Car on a souvent droit à des critiques très injustes et qui frappent au-dessous de la ceinture. Ceux qui pratiquent le character assassination, comme cela a été le cas, sont des politiciens faibles et désespérés ! » Déclaration de Navin Ramgoolam hier lors de la cérémonie de clôture du National Institute for Civic Education (NICE), à Pointe-Jérôme, Mahébourg. Le Premier ministre a également réitéré son souhait d’amender la Constitution. « Mais je sens que je rencontrerai certaines réticences… » devait-il aussi signifier. Il a aussi profité de l’occasion pour faire une virulente sortie contre « le communalisme grandissant et qui ronge notre nation. »
« Quand on devient politicien, ce n’est ni pour l’argent ni pour la gloire. Un job dans le gouvernement, cela ne paie pas bien… On s’engage en politique pour être au service des autres. Parce qu’on a des convictions et qu’on veut changer les choses. Parce qu’on refuse les injustices. Et parce qu’on veut donner des chances égales à tous de réussir. Et aussi parce qu’on veut corriger des erreurs », a déclaré Navin Ramgoolam face aux 200 jeunes et leurs éducateurs présents, hier au Centre de Jeunesse de Pointe Jérôme, à Mahébourg, dans un discours de presque 60 minutes.
« On ne peut pas avoir un coeur faible quand on fait de la politique. Sinon, comme le disait SSR, mon père, on est un “flash in the pan”, on fait surtout beaucoup de bruit pour rien ». Navin Ramgoolam devait ensuite préciser sa pensée, déclarant que « un politicien se doit d’avoir une peau très dure, car on doit souvent essuyer des critiques très injustes et des commentaires qui frappent au-dessous de la ceinture. Ceux qui pratiquent le “character assassination”, comme vous l’avez peut-être entendu ces derniers jours, sont des politiciens faibles et désespérés ! Mon père disait toujours à cet effet : “Dimounn zame zet ros lor pie mang ki pena fruit !” »
Évoquant l’importance du NICE, « qui, j’en suis convaincu, va aider à transformer nos jeunes et les générations suivantes, les rendre plus responsables, ouvrir leurs yeux quant à leurs rôles dans la société, les valoriser, et surtout, les aider à éviter les pièges comme le communalisme, qui ronge notre société », le PM devait annoncer que ce projet sera désormais un exercice régulier. « Je remercie, entre autres, Nita Deerpalsing, pour avoir partagé avec nous son idée d’organiser ce projet. C’est une femme qui a beaucoup de bonnes idées. »
La députée de Quatre-Bornes était présente dans la salle, de même que les ministres Vasant Bunwaree et Devanand Ritoo. Thierry Henry, député du Sud, était aussi parmi l’assistance.
Évoquant « la nécessité de changer les choses, comme les lourdeurs administratives qui entravent la productivité », le PM devait rappeler l’importance de l’Equal Opportunity Act.
Parlant de la Constitution et de son souhait de « changer certaines choses », Navin Ramgoolam devait réitérer son souhait d’amender l’article désignant les Mauriciens selon leurs appartenances ethniques. « Il y a trois catégories : hindou, musulman et sino-mauriciens. Et selon cette clause, quiconque, dépendant de son “way of life”, n’adhère pas à ces trois communautés, est alors catégorisé “general population”. C’est une insulte ! Moi-même, je n’ai pas un “way of life” qui correspond à ces critères, donc, qu’est-ce que je suis ? » Cependant, a relevé Navin Ramgoolam, « même si je suis très décidé à changer cela pour que tous les Mauriciens aient un droit égal, les politiciens, notamment de l’opposition, pratiquent un agenda politique sur ce sujet qui va contre ce désir de changement. » Le PM devait « rassurer tout le monde, comme j’ai rassuré une communauté qui craignait qu’elle ne serait plus représentée au sein du pouvoir, que tout un chacun jouirait des mêmes droits égaux. »
Parlant toujours de communalisme, Navin Ramgoolam devait dénoncer « des pratiques de certains candidats, dont je tairais les noms, pas plus tard que durant les dernières élections municipales. Ils circulaient des petits papiers où ils avaient écrit des mots à caractère communal, pour inciter les électeurs à voter pour les communautés et non pour les partis. »
Le Premier ministre devait faire ressortir que « le communalisme ralentira notre développement. À travers le NICE, les jeunes peuvent être prévenus contre les dangers comme le racisme. Mais au final, c’est notre choix : voulons-nous d’un pays moderne ou d’un pays du tiers-monde ? »