Le Collectif Urgence Toxida (CUT) a donné le coup d’envoi de sa quatrième campagne “Support Don’t Punish” à Mahébourg hier matin. Il s’agit d’une campagne internationale de plaidoyer visant à sensibiliser sur les dégâts causés par l’incarcération des usagers de drogues. Les lourdes pénalités imposées sur ces personnes mènent à l’accroissement du VIH et de l’hépatite C, soutiennent les organisateurs. Le collectif plaide pour une amélioration des lois et un changement des pratiques, qui éloignent les individus des services de santé.
Cette campagne, initiée par l’International Drug Policy Consortium (IDPC), est organisée à Maurice par la CUT depuis 2013. Une quinzaine d’autres organisations oeuvrant pour l’encadrement de toxicomanes, des personnes vivant avec le VIH et les droits humains, entre autres, se sont également engagés dans ce mouvement. La campagne 2016 a démarré par une action de sensibilisation ce matin. Les Ong engagées dans cette campagne ont pu ainsi aller à la rencontre du public pour expliquer les raisons pour lesquelles elles soutiennent cette campagne. Des tests de dépistage du VIH ont aussi été organisés sur place.
“Support Don’t Punish”, rappelle le collectif, vise à sensibiliser sur les conséquences, notamment sur l’économie et la santé, de l’incarcération des personnes utilisant des drogues. « A Maurice, 44% des personnes qui s’injectent des drogues vivent avec le VIH, selon les dernières statistiques de l’AIDS Unit. De même, 97% d’entre elles vivent avec le virus de l’hépatite C », fait ressortir le collectif. Celui-ci plaide pour une dissémination de l’information sur les politiques des drogues de même qu’une exploration des modèles ayant porté leurs fruits à travers le monde. « Cela revêt d’une plus grande importance dans le sillage de l’enquête menée par la Commission d’enquête sur les drogues et les ravages causés par les drogues synthétiques. »
La campagne veut aussi démontrer que l’approche punitive possède des failles et n’a pas permis jusqu’ici de contrer le marché de la drogue. « Le marché s’est renforcé avec de nouveaux produits plus dangereux sous l’emprise des trafiquants sans scrupule, les personnes qui consomment des drogues ont été marginalisées et discriminées; leurs accès à des services de prévention, de traitements et de soins bloqués. Ces mêmes services sont pourtant essentiels pour enrayer la propagation du VIH et de l’hépatite C », plaide le collectif.
“Support Don’t Punish” s’inscrit chaque année dans le cadre de la Journée internationale contre l’Abus et le trafic de drogues, observée le 26 juin. Cette date marque aussi un Global Day of Action à l’international, en lien avec les autres pays organisant la campagne “Support Don’t Punish”. L’année dernière, 160 villes du monde étaient concernées. Une campagne photo permettant d’assurer une certaine visibilité est aussi organisée. Pour la campagne 2016, le point marquant sera un atelier de travail le vendredi 24 juin, réunissant des politiciens de tous bords, les responsables du ministère de la Santé et de la Qualité de la vie, les chefs religieux, les syndicats et les Ong, entre autres. L’objectif est de sensibiliser toutes les parties concernées sur l’importance de renforcer la santé publique plutôt que la répression.
D’autres activités, dont une action de sensibilisation au Super U de Grand-Baie, le samedi 25 juin de 10h à 15h. Le 26 juin, les Ong seront sur le terrain de basket-ball de Batterie-Cassée, de 10h à 15h. Outre la sensibilisation, des tests de dépistage au VIH seront aussi organisés.
Les Ong engagées dans cette campagne sont CUT, PILS, Kinouete, Chrysalide, AILES, Collectif Arc-en-ciel, LEAD, Groupe A de Cassis, Centre Idrice Goomany, Dis-moi, Bring a smile, Espoir Revivre Barkly, Parapli Rouz et SIDATAK, entre autres.