Ferozia Hosania est parent-médiateur au ministère de l’Education

La Youth with Disabilities Empowerment Platform (YDEP), qui sera lancée le 12 mars prochain, à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance, viendra combler une lacune dans la situation de handicap des jeunes qui, selon sa principale animatrice, Ferozia Hosania, « ne savent pas quoi faire après leur passage à l’école ». « Ils n’obtiennent pas d’emplois, zot pa kone kot pou ale », dit-elle.

Selon Ferozia Hosania, qui est aussi la Chairperson du African Down Syndrome Network, et aussi membre du African Disabilities Forum, de nombreuses organisations non-gouvernementales s’occupent des gens en situation de handicap à Maurice « mais la YDEP voit le handicap dans son ensemble, en tant qu’enfant, étudiant, jeune et adulte »« Les jeunes en situation de handicap ont besoin d’un encadrement, surtout après l’école », souligne notre interlocutrice, avant de déplorer que très peu d’entreprises les emploient, malgré la loi qui les oblige à recruter des handicapés. « Cette loi n’est pas respectée car elle n’impose qu’une amende aux employeurs. C’est tout. Dans ce cas, que fait le jeune en situation de handicap ? Il reste à la maison, il attend, il ne travaille pas », fait-elle ressortir.

Ferozia Hosania indique que le gouvernement offre un grant in aid aux écoles spécialisées pour garder ces enfants jusqu’à l’âge de 20 ans. Après, ceux-ci ne savent pas où aller. Selon elle, les Ong leur demandent alors de « res lakaz, zot inn fini lekol, alors que c’est là que le grand besoin se fait sentir »« Les parents sont devenus vieux, ils ont des soucis ki pou fer ar zanfan la. Pa finn empower li pou li bouz de lavan », déclare-t-elle.

L’Ong compte les autonomiser pour répondre à leur situation de handicap. Ils apprendront ainsi à être indépendants. « Nous allons réunir et les enfants et leurs parents pour leur montrer comment faire face à la vie malgré leur situation de handicap. Nous avons une cinquantaine d’enfants dans cette situation, nous travaillons déjà avec eux dans le secteur arts and craft. Ils ont appris à fabriquer des objets et les mettre sur le marché avec l’aide de quelques PME », dit-elle. L’Ong compte aussi s’occuper des loisirs de ces enfants. A l’avenir, « nous allons les intéresser aux sports pour qu’ils s’épanouissent convenablement ». Le lancement aura lieu à la Vallée des Couleurs, qui collabore avec cette Ong. Cela coïncide avec le 50e anniversaire de l’indépendance.

Ferozia Hosania travaille dans le domaine social depuis trois décennies. Elle a une sœur, aujourd’hui âgée de 36 ans, atteinte de trisomie 21. « Je m’en suis occupée, j’ai constaté qu’elle avait beaucoup de potentiel qu’on ne pouvait pas développer avec notre système d’éducation. Je lui apprenais à lire, à écrire et à faire des petits calculs mais lorsque je l’ai fait admettre dans une école, on m’a dit que tout cela n’était pas nécessaire parski li pa pou vinn lorea. C’était dans les années 80 et elle est restée koumsa mem », relate-t-elle. Elle poursuit : « Je lui ai quand même appris à devenir indépendante, elle peut même faire un peu de couture. Je peux la laisser seule à la maison, il n’est pas nécessaire de la surveiller. Par contre, certains ont besoin de leurs parents 24 h sur 24. »

L’Ong a, comme projet d’avenir, la construction d’un abri du jour pour ces enfants et, dans un deuxième temps, un abri de nuit.