Lors de l’ouverture d’un atelier de travail de deux jours sur le thème « Women in ICT : Bridging the gender gap and reaching the unserved » hier, le président de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA), Mahmad Aleem Bocus, a fait mention des progrès accomplis dans le secteur des TIC à Maurice, et ce sans cacher l’importance de l’éducation des jeunes sur les dangers de la toile. « Maurice est l’un des pays, où la pénétration mobile est de 144 %. Les jeunes sont davantage connectés sur la toile sans connaître les dangers qui y sont présents », dit-il. Selon le président de l’ICTA, « il est plus que jamais important de sensibiliser les jeunes à travers des programmes d’éducation car plusieurs d’entre eux sont piégés ».

Nous constatons qu’il n’existe vraiment pas d’écart numérique entre les genres à Maurice. Pensez-vous que les femmes utilisent au maximum les services d’un téléphone mobile ?
Nous avons un problème de violence domestique à Maurice qui s’aggrave de jour en jour. D’ailleurs, des “hotlines” sont déjà en place pour dénoncer ce problème. L’utilisation du téléphone mobile par une femme victime de violence domestique peut être très utile dans des situations d’urgence. Elle peut obtenir de l’aide si elle parvient à passer un appel à temps. Nous avons aussi beaucoup de femmes entrepreneurs qui peuvent commercialiser leurs produits à travers un téléphone portable. Cela peut être un outil efficace pour la publicité. Le téléphone portable est une technologie qui a beaucoup de potentiel mais il faut savoir comment l’utiliser. De plus, avec le problème de drogue qui s’accroît, nous pouvons utiliser la technologie pour sensibiliser les enfants sur les dangers de la drogue. Avant qu’un jeune n’entre dans ce fléau, il faut qu’il soit éduqué à travers des images tout en respectant la vie privée d’une personne qui est tombée dans le piège de la drogue. Ce jeune réfléchira ainsi à deux fois avant de se laisser tenter. Il faut une coordination au niveau des différents organismes pour la conscientisation.

Les femmes sont-elles conscientes de ces avantages ?
Il y a un exercice de sensibilisation à faire. Cela relève du ministère de l’Éducation et de celui de l’Égalité des Genres et des autorités concernées. On doit sensibiliser les Mauriciennes sur les avantages qui existent avec la téléphonie mobile. Il existe 1 000 possibilités, grâce à l’Internet, d’être ouvert sur le monde.

Les jeunes sont-ils sensibilisés pour savoir quels sont les dangers de l’Internet ?
Je pense que non. Il faut plus de coordination entre les parties concernées. Nous devons aller petit à petit car la démarche, c’est d’initier l’enfant à l’Internet et qu’il sache quelles sont les précautions à prendre. C’est une question d’éducation pour les parents et les enfants. C’est nouveau pour nous. La pénétration du mobile est assez élevée à Maurice et cela donne une indication de l’intensification de ce mode d’accès à l’information, d’où l’importance d’avoir des garde-fous. Nos jeunes sont de plus en plus exposés sur la toile. Nous n’avons plus ce réflexe de surveiller son enfant comme c’était le cas auparavant. Nous avons déjà mis en place des mesures sur le plan technologique pour empêcher d’avoir accès à des sites de pédophilie et de pornographie infantile. Mais il existe d’autres sources de dangers qui guettent nos jeunes. Nous avons vu le nombre de fois que les gens ont été arnaqués et les jeunes filles piégées. Il faut savoir comment utiliser l’Internet car avec le téléphone mobile on est exposé au monde.

Quels sont les conseils que vous donnerez à un enfant qui s’initie à l’Internet ?
C’est une question de sensibilisation. Il y a certains sites à éviter et il faut savoir choisir. Il ne faut pas que l’enfant soit libre à 100 %. Un adulte doit toujours l’orienter sans pour autant l’imposer. Il y a beaucoup à faire au niveau de l’éducation.