La communauté des officiers de la Prison est en état de choc depuis hier après-midi après l’attentat avec une arme à feu manqué contre un haut gradé. L’assistant commissaire des Prison Vishnu Hanumanthadu, 51 ans, affecté à la Prison Centrale, rentrait chez lui hier vers 16 h 30 quand un motocycliste l’a pris pour cible en tirant deux coups de feu en direction de sa voiture. Cette tentative de meurtre a été commise à la rue Colonel Maingard, Beau-Bassin, peu avant les feux à la croisée de la Route Royale.
Heureusement pour l’ACP Hanumanthadu, les deux coups de feu devaient atteindre les portières avant et arrière côté droit de sa Toyota Corolla grise immatriculée 4876 AG 08. Dans un premier temps, l’impression générale était que le bruit aurait été généré par des pétarades dans le coin. Mais la gravité de la situation devait être révélée par un des témoins oculaires de cette tentative d’assassinat.
Ce témoin a suivi toute la scène précédant les deux coups de feu en direction de la voiture du haut gradé des Prisons. « J’ai vu ce motocycliste se rapprocher de la voiture de l’officier de la Prison en doublant la file de véhicules le long du sens unique de la rue Colonel Maingard en direction de la route Royale. Presque à l’arrière de la Toyota, le motocycliste, qui était coiffé d’un casque intégral, a mis sa main à l’intérieur de son blouson pour retirer une arme et faire feu en deux occasions contre la voiture », a-t-il raconté en substance dans sa version des faits à la police.
Aucun des témoins dans les parages et encore moins la victime, toujours sous le coup du traumatisme, n’ont pu relever la plaque d’immatriculation de la motocyclette, qui devait prendre la fuite à toute vitesse en bifurquant en direction de Rose-Hill aux feux de Maingard. Néanmoins, la marque de la motocyclette a été communiquée à la police, qui a ouvert une enquête. L’ACP Hanumanthadu, informé par un usager de la route qu’il venait d’échapper à une tentative de meurtre par balles, n’en revenait pas.
« C’est un véritable choc. C’est Dieu qui m’a épargné de la mort », devait déclarer l’ACP Hanumanthadu lors d’une première conversation téléphonique avec le commissaire des Prisons Jean Bruneau, qu’il venait à peine de quitter au QG de la Prison de Beau-Bassin. « L’ACP Hanumanthadu venait à peine de me quitter quand j’ai reçu un appel téléphonique de sa part pour m’informer de ces coups de feu manqués dans sa direction. Il m’a dit que dans un premier temps, il a cru que c’était des pétards. Toutefois, en examinant les deux impacts de balles, nous nous rendons compte qu’ils trahissent la véritable intention du tueur. Il n’était pas venu pour faire peur. Nullement », a confié Jean Bruneau après une visite des lieux de l’attentat manqué.
D’importants moyens policiers ont été déployés en vue de retracer la motocyclette utilisée par l’agresseur. Des témoins ont été longuement auditionnés jusqu’à tard hier soir. Les limiers de la CID de la Western Division n’écartent pas la thèse que le motocycliste, qui a bien préparé ce coup, a pris en filature l’assistant commissaire de la Prison dès sa sortie de son lieu de travail. Il a préféré mettre son plan à exécution à cet endroit précis car les feux étaient déjà au vert dans ce sens unique, ouvrant la voie pour une fuite rapide après les coups de feu.
Des experts du Scene of Crime Office et du Forensic Science Laboratory ont été dépêchés sur les lieux en vue d’effectuer des prélèvements et pour des analyses balistiques pour confirmer si l’arme du crime est bien un calibre 38.
Le précédent acte d’agression perpétré contre un garde-chiourme remonte à juillet de l’année dernière. Un Prison Officer habitant Crève-Coeur était sur le point de descendre de sa moto pour rentrer chez lui quand un individu a surgi pour l’assaillir physiquement.
Par ailleurs, Patrick Kervin Lincantee a été récemment condamné à cinq ans de prison pour l’agression contre l’assistant surintendant des Prisons Satiadev Omrahoo à Belle-Rose en décembre 2009. Celui-ci avait été agressé à coups de sabre par deux individus, qui l’attendaient à la croisée des avenues Naz et Lapeyrouse à Quatre-Bornes très tôt le matin.