Le galimatias de mauvais goût qui n’a même pas quelque chose à voir avec les couleurs chatoyantes des aires de jeux des écoles maternelles a ainsi été expliqué par une mise au point adressée cette semaine à la rédaction de Week-End (voir plus loin) par le service de communication du bureau du Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme. Et quelle explication !
Ces couleurs ne seraient apparemment — malgré l’évidence du visuel — pas celles de Lalians Lepep mais elles reflèteraient plutôt celles des armoiries de la ville qui, selon un raccourci doublé de myopie, ne seraient composées que du bleu, du blanc et du jaune, alors qu’il y a aussi du vert, que les « artistes » de la Tourism Authority ont apparemment omis de répliquer sur les mains courantes du centre ville et de la Place Ian Palach.
Si ce n’est pas une confirmation du dessein d’imposer les couleurs de Lalians Lepep dans Curepipe, c’est que ceux qui sont derrière cette manoeuvre grossière prennent les Mauriciens pour des imbéciles. Les teintes choisies par la TA omettent non seulement le vert qui est évident sur les armories, mais elles ne respectent en rien ses autres nuances officielles. Sur le patchwork de la TA, le bleu n’est pas celui tirant sur le turquoise des armoiries mais celle du bleu courant, celui du PMSD et, le jaune, lui, s’approchant nettement de l’orange.
Ce n’est qu’en 2015 que la Tourism Authority et la maire PMSD Nathalie Gopee découvrent que les couleurs de la ville sont le bleu, le jaune et le blanc, alors que la première magistrate était aussi une conseillère depuis 2012 ? Si la mairie a décidé d’exposer partout les couleurs des armoiries de la ville, pourquoi ne pas commencer par le siège administratif, symbole même de l’exercice du pouvoir régional et ne pas avoir aussi demandé à Mauvilac, qui procède régulièrement — et qui est en pleins travaux depuis bien avant les dernières municipales — au relooking du marché, de les refaire aux couleurs de la ville ?
Il y a eu plusieurs maires de Curepipe issus du PMSD, sir Gaëtan Duval, Pierre Simonet et le dernier en date Michael Sik Yuen, mais aucun d’entre eux n’a jugé urgent de les badigeonner aux couleurs de la ville selon un sens d’appartenance soudain dont se réclame le PMSD de 2015. On dirait qu’il a fallu attendre que le PMSD se retrouve dans une alliance dont les couleurs sont presque similaires aux armoiries de la ville de Curepipe pour les redécouvrir. Et si ces armoiries étaient du mauve, du gris, du rouge et du marron, est-ce que ces couleurs auraient été peintes sur les édifices de la ville ?
La plus belle illustration que la municipalité de Curepipe et la TA sont prises en défaut sur cette démarche partisane, qu’elle se fourvoie, qu’elle se contredit, c’est qu’elles ont fait installer de nouvelles mains courantes vis-à-vis du marché à la Place des taxis sans les avoir recouvert de peintures bleu-blanc-jaune orangée. L’ouvrage — comme on peut le voir plus loin — est d’ailleurs d’une excellente qualité et d’un bon design, fait d’aluminium et érigé à bonne hauteur, ce qui le rend difficile à franchir. Cela rend plus ridicule ce qu’a fait la TA avec son coloriage tricolore qui n’est ni plus ni moins qu’un gaspillage des fonds publics.
Quant à ce qui est présenté comme des « accusations gratuites et grotesques », c’est le patchwork sur les mains courantes qui est grotesque et, en termes de « gratuité », nous renvoyons les auteurs de ce qui se veut une mise au point aux réponses du ministre Nando Bodha données à l’assemblée nationale en 2010 sur la Tourism Authority et ses explications très limpides sur sa décision de fermer cette « cleaning unit » qui ne sert qu’à caser des agents politiques. Nando Bodha était pourtant le ministre du Tourisme d’un gouvernement bleu-blanc-rouge ! Et ce ne sont pas ces nominés politiques bleus qui sévissent sur les radios et qui sont obligés de défendre leur « boutte » qui pourront nous convaincre du contraire.
Et d’une manière plus générale, le contribuable que nous sommes tous ne sera pleinement satisfait que le jour où la Tourism Authority pratiquera la transparence la plus totale sur ses activités, si elles arrivent à établir qu’elles ne se concentrent pas que sur deux circonscriptions, celle du ministre de tutelle, Xavier Duval (n°18), et celle du fils (n°17), et sur sa politique de recrutement pour savoir si elle n’est confinée qu’au n°18.
On sait qu’il y a une ex-employée, qui exerçait comme caissière, une certaine Manjula Ramjeeawon, membre du PMSD au n°17, qui a été arrêtée en mai dernier pour détournement allégué de Rs 300 000 et que son avocat, Adrien Duval, a crié sans risquer le ridicule, à moins que ce ne soit un trait de l’esprit, qu’il s’agissait d’une « vendetta politique » et qu’en janvier de cette année, après que Monsieur Xavier Duval s’est de nouveau retrouvé dans le fauteuil du Tourisme, des employés de la TA ont été congédiés.
On ne sait pas si c’était cela la vraie « vendetta politique » mais le temps est venu, au nom de la « bonne gouvernance » dont se réclame ce gouvernement, que la lumière soit faite sur ces organismes parapublics financés par les contribuables qui peuvent, à loisir, créer des unités qui échappent à tout contrôle.