Le projet de photovoltaïques, installées à Port-Louis pour desservir le bloc administratif de la municipalité, serait un flop. Alors que ce projet avait pour but de soulager la mairie de sa charge d’électricité, elle l’alourdirait encore plus, soutient-on. Le Lord-Maire Aslam Hossenally affirme qu’à ce jour, « le projet n’a pas fait preuve de rentabilité ».
Lorsque la municipalité de Port-Louis a décidé de passer à l’énergie solaire pour son approvisionnement en électricité, elle envisageait non seulement de faire des économies, mais également de faire des profits en revendant de l’électricité au Central Electricity Board (CEB). Rs 1,9 millions d’économies étaient en effet prévues avec l’installation de panneaux solaires d’une puissance de 50 Kw sur le toit du bâtiment administratif. Mais un an après son installation, la mairie déchante car dépendant toujours des millions en termes d’électricité chaque année. Pire, soutient le Lord-Maire Aslam Hossenally, « l’année dernière, nous n’avons vendu que Rs 17 000 d’électricité au CEB », somme recueillie pendant six mois. Interrogé à ce sujet, ce dernier dresse un triste constat de la situation. Avançant les objectifs de la mairie, à savoir de devenir une « capitale verte », M. Hossenally estime que « la mairie se doit d’être plus économe ».
« Nous avons peu de ressources financières et nous nous devons, là où il est possible, de réduire les dépenses afin de mener à bien tout projet que compte mettre en place la mairie de Port-Louis », a-t-il déclaré. Et d’indiquer que la qualité des panneaux photovoltaïques serait le principal problème. « Après un premier constat, nous avons réalisé que certains panneaux ne produisent pas d’électricité du fait de la qualité du système électrique dans la plaque », soutient notre interlocuteur. Et de préciser que la Life expentancy des panneaux photovoltaïque « laisse à désirer ». Alors qu’au lancement de ce projet il était annoncé que la durée de vie était d’une vingtaine d’années, la mairie soutient que dans une dizaine d’années, « si une solution n’est pas vite trouvée », le projet de photovoltaïques pourrait être mis au placard. La mairie, selon lui, se penche sur des solutions à prôner afin que ce projet ne tombe pas à l’eau « puisque nous parlons ici de plusieurs millions de perdus », évoquant « la protection de l’environnement avant tout ».
Rappelons que ce projet, opérationnel depuis juillet 2012, a nécessité un investissement de l’ordre de Rs 8 millions. La mairie se retrouve dans une situation critique avec, d’une part, le remboursement du prêt contracté – s’échelonnant sur sept ans – pour mener à bien le projet et, d’autre part, des dépenses additionnelles pour le paiement de l’électricité et la réparation de l’appareil.