La hausse du prix de la bonbonne de gaz de 50 kg, qui passe de Rs 3 500 à Rs 4 150, pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour certains restaurants. Depuis deux ans, ceux-ci passent en effet par des moments difficiles. Les frais d’opération ont augmenté, la clientèle est en baisse… Certains craignent même la fermeture.
Le secteur de la restauration passe par des moments difficiles. L’arrivée de nouvelles enseignes, notamment dans le domaine du fast food, ainsi que l’ouverture des hôtels aux Mauriciens avec la saison creuse, ont un impact négatif sur les activités des restaurants. La majoration du prix de la bonbonne de gaz cette semaine vient compliquer la situation pour beaucoup.
Christian compte 17 ans dans la restauration. Et il ne voit pas la vie en rose en ce moment. Selon lui, 2012 sera même la pire année de crise pour le secteur. « Nous accusons les coups depuis deux ans. Il y a d’abord eu l’augmentation du prix de l’électricité, suivi de celui de l’eau. Et maintenant le gaz, qui a augmenté de Rs 650 d’un seul coup. Comment allons-nous nous en sortir ? » se demande-t-il.
Christian ajoute avoir déjà été obligé de revoir ses prix à la fin de l’année dernière en raison du coût élevé des produits. « Le poulet, le boeuf, les fruits de mer… Tout a augmenté ces derniers temps. »
Philippe, lui aussi dans le domaine depuis de nombreuses années, avance pour sa part qu’avec une telle majoration, le prix du gaz pour ses deux restaurants pourrait lui coûter autour de Rs 25 000 mensuellement. Les restaurants, estime-t-il, auraient dû être autorisés à utiliser des bonbonnes de 12 kg. « Nous payons déjà la taxe pour notre activité commerciale », avance-t-il.
Philippe souligne également une ambiguïté dans la loi : « Les restaurants situés à l’étage ne peuvent se servir de bonbonnes de 50 kg pour des raisons de sécurité. Mais ils ne peuvent pas non plus utiliser celles de 12 kg. »
Augmenter les prix sur les menus semble dès lors actuellement la seule solution afin de s’en sortir. Mais ce n’est pas aussi évident. « La clientèle est déjà en baisse. On risque donc de se retrouver sans client si nous augmentons nos prix », lance Christian. Dans une telle conjoncture, ce dernier estime que beaucoup de restaurants fermeront cette année. Il cite l’exemple d’un établissement très fréquenté des Plaines-Wilhems, qui a dû récemment mettre la clé sous le paillasson.