Oublier un code, perdre ses clés, ne pas se rappeler un numéro de téléphone… De tels troubles de la mémoire augmentent naturellement avec l’âge. Lorsqu’une personne âgée perd un peu la mémoire, souvent, on pense aux symptômes de la maladie d’Alzheimer. Or, ces signes ne révèlent pas tous pour autant les prémices de la maladie d’Alzheimer. Afin de ne pas s’inquiéter inutilement ou inversement de ne pas passer à côté des premiers signes annonciateurs, sachons les reconnaître.
En effet, la maladie d’Alzheimer n’est pas la traduction du vieillissement normal. Il s’agit d’une maladie à part entière, qui demande un diagnostic et une prise en charge. Elle est due à la dégénérescence de neurones qui interviennent dans la mémoire et les fonctions intellectuelles. En général, les symptômes apparaissent après 65 ans et la prévalence de la maladie augmente fortement avec l’âge. Si dans la majorité des cas, elle se déclare autour de 70 ans, il existe néanmoins des formes précoces beaucoup plus rares, mais qui ont généralement une évolution rapide. Ainsi, selon les statistiques mondiales, la maladie d’Alzheimer touche environ 1 % des personnes âgées de 65 ans à 69 ans, 20 % des personnes ayant de 85 ans à 89 ans, et 40 % des personnes ayant de 90 ans à 95 ans. Les spécialistes de santé estiment qu’un homme sur 8 et une femme sur 4 en souffriront au cours de leur existence. Dans la mesure où les femmes vivent plus longtemps, elles sont plus susceptibles d’en être atteintes un jour. De même, en raison du prolongement de l’espérance de vie, cette maladie est de plus en plus fréquente.
Incurable à ce jour, elle progresse le plus souvent vers la démence, c’est-à-dire une déchéance physique et mentale associée à une perte de l’autonomie. Cependant, contrairement aux idées reçues, la maladie d’Alzheimer n’est pas une conséquence normale du vieillissement. Les prémices de la maladie d’Alzheimer sont souvent insidieuses, à peine perceptibles par l’entourage. Ainsi, la décision de consulter est souvent tardive, lorsque les répercussions sur la vie quotidienne sont déjà importantes. Or, c’est une erreur, car si on sait aujourd’hui freiner l’évolution de cette pathologie, c’est à condition de la diagnostiquer à temps. Afin d’aider le dépistage, les spécialistes ont identifié dix signes permettant d’anticiper le diagnostic. Notez que c’est la multiplication et la coexistence de ces signes qui doivent inquiéter l’entourage et qui jouent ici un rôle fondamental dans la détection précoce de la maladie et de sa prise en charge, d’autant plus que ces indices sont souvent niés, détournés ou minimisés par le patient. Pour cela, il est important de consulter précocement, dès les premiers signes…
1 — Des pertes de mémoire qui nuisent aux activités quotidiennes
Occasionnellement, il nous arrive à tous d’oublier un rendez-vous, le nom d’une personne ou un numéro de téléphone. Nos facultés intellectuelles déclinent avec l’âge, rien de plus normal. En revanche, une personne atteinte d’Alzheimer oubliera fréquemment des événements récents pour ne plus jamais s’en souvenir. Ayant du mal à mémoriser de nouvelles informations, elle pose plusieurs fois les mêmes questions puisqu’elle en oublie aussitôt les réponses. À l’opposé, la mémoire des événements anciens est généralement bien conservée, surtout en début de maladie.
2— L’égarement d’objets
De la même façon, il nous arrive à tous d’égarer nos clés ou de ne plus savoir où l’on a garé la voiture. Un malade peut non seulement perdre des objets, mais également ranger les objets de la vie courante dans des endroits saugrenus. Par exemple, les clés ou sac à main dans le frigo, le fer à repasser dans la machine à laver ou la montre dans le sucrier…
3 —Désorientation dans l’espace et dans le temps
S’il est normal d’oublier pendant un court moment le jour de la semaine ou même l’endroit où vous allez, chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est fréquent qu’elle se perde dans sa propre rue, ne sachant plus comment elle s’est rendue là, ni comment rentrer chez elle.  Elle perd constamment la notion du temps, ne sachant pas quel jour nous sommes, ni le mois.
4— Des difficultés à exécuter des tâches familières
Dans le cadre de nos activités quotidiennes, il nous arrive à tous d’être distraits et, par exemple, d’oublier les légumes cuits sur la cuisinière. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut avoir de la difficulté à exécuter des tâches familières qu’elle a accomplies toute sa vie, comme ne plus savoir comment préparer un repas, même si autrefois elle était un cordon-bleu.
5— Un jugement affaibli
Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer pourrait avoir un jugement amoindri et, par exemple, ne pas reconnaître un problème de santé qui nécessite d’être traité ou encore porter des vêtements chauds en pleine canicule. L’usage des objets devient flou : on utilise une paire de lunettes à la place de la fourchette, une paire de ciseaux pour écrire, etc.
6— Des problèmes de langage
Parfois, il nous est difficile de trouver le mot juste dans une conversation. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut, de son côté, oublier des mots faciles, le nom d’une personne familière, ou les substituer par des mots qui rendront ses phrases difficiles à comprendre. Le langage écrit se modifie également jusqu’à ce que l’orthographe et l’écriture deviennent incompréhensibles.
7—Difficultés face aux notions abstraites
Une personne peut parfois éprouver de la difficulté à faire des opérations abstraites, par exemple, établir le solde de son compte de chèques. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut avoir de grandes difficultés à accomplir des tâches de cette nature, par exemple, ne pas comprendre ce que représentent les chiffres indiqués dans le carnet de chèques. Soudain, le malade est incapable de remplir une feuille administrative, de gérer son compte en banque, ou encore, oublie la signification d’un anniversaire, etc.
8— Changements d’humeur et de comportement
Il nous arrive à tous d’être triste et maussade. Or, une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut changer d’humeur très rapidement, sans raison apparente. Ces symptômes paraissent souvent brutalement et se succèdent de façon opposé, en alternant excitation, agressivité, irritabilité ou anxiété, avec inversement une absence d’émotion, une attitude de retrait, une indifférence ou une perte de plaisir. Ces derniers symptômes peuvent faire penser à une dépression.
9—Changements de personnalité
La personnalité de chacun peut changer quelque peu avec l’âge. Chez la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, les changements de personnalité sont souvent flagrants et peuvent devenir confuses, la personne devenant renfermée et méfiante et craintive. Au nombre des changements possibles, on compte aussi l’apathie et des comportements qui lui sont inhabituels.
10 Manque d’enthousiasme
Il nous arrive à tous, à l’occasion, de se lasser de l’entretien ménager, de notre travail ou de nos activités sociales, mais la plupart des gens retrouvent vite leur enthousiasme. Le malade perd, lui, goût à tout : activités sociales, loisirs, travail… Il devient passif.