Toxicomanie, tatouage, piercing, acupuncture avec des instruments contaminés ou encore transfusions sanguines impropres ouvrent la porte au virus redoutable de l’hépatite C. Son évolution silencieuse est souvent ignorée des victimes. La prévalence de l’hépatite C est de 25 000 cas, soit 0,4 % de la population locale. S’il existe un vaccin pour prévenir l’hépatite B, ce n’est pas le cas pour l’hépatite C.
L’hépatite C peut évoluer pendant 20 ans sans faire parler d’elle. 50 % à 70 % des porteurs du virus n’ont aucun symptôme. La cirrhose du foie et le cancer du foie sont les complications connues de ces types d’hépatite selon le corps médical. Les symptômes de l’hépatite C, aiguë dans 10 % à 20 % des cas, sont la fatigue, les troubles digestifs, les douleurs au foie et, éventuellement, la jaunisse. 
Célébrée récemment, la Journée mondiale de l’hépatite est venue nous rappeler que cette infection virale reste très grave, voire mortelle. 75 % des personnes infectées ont une maladie chronique du foie. Néanmoins, indique le ministère de la Santé, dans 80 % des cas, la personne infectée par le virus de l’hépatite C n’a aucun symptôme.
Selon les estimations du HEB Support Group, association de soutien aux personnes atteintes d’hépatite, la majorité des cas d’hépatite C sont diagnostiqués chez les toxicomanes par la voie des seringues contaminées. La maladie devient chronique seulement chez 5 % des malades. 
Maladie contagieuse, l’hépatite B est une infection sexuellement transmissible, qui a une période d’incubation de 60 à 900 jours en moyenne selon la gravité de l’infection. 10 000 Mauriciens sont porteurs du virus de l’hépatite B, selon le HEB Support Group. Son président le Dr Zouberr Joomaye, spécialiste de l’hépato-gastroentérologique, affirme que la vaccination reste le seul moyen de se protéger contre la contamination par le virus de l’hépatite B. Ce vaccin est disponible gratuitement dans toutes les Primary Health Care Units du ministère de la Santé.
Cirrhose et cancer du foie
L’infection chronique évolue vers la cirrhose et le cancer du foie. L’hépatite aiguë se caractérise par une coloration jaune de la peau et des muqueuses. Selon le ministère de la Santé, l’hépatite B se transmet aussi de mère infectée à son enfant à la naissance et par l’utilisation de rasoir ou de brosses à dents d’une personne contaminée. Le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus commun que celui du VIH/Sida, précise le ministère. Elle coexiste toutefois avec une infection par le VIH/Sida.
L’incidence de l’hépatite B reflète le niveau économique du pays, indique le HEB Health Support Group. Elle est de 0,7 % à La Réunion et supérieure à 15 % en Afrique à cause de fréquentes transmissions de mère-enfant et du faible usage du préservatif.
Un autre type d’infection virale est l’hépatite A, une maladie aiguë du foie. Elle a une durée de quelques jours à quelques semaines et n’est pas une maladie chronique. Cette forme d’hépatite est contractée par une alimentation ou des boissons contaminées par des matières fécales. Elle se transmet quand une personne ne s’est pas lavée les mains après avoir été aux toilettes ou changé une couche et quand elle touche ensuite des objets et de la nourriture. 
Le ministère de la Santé soutient que la sévérité de l’hépatite et la mortalité s’accroissent chez les personnes âgées. Les symptômes de l’infection sont plus fréquent chez les adultes que les enfants. Seulement 10 % des enfants de moins de six ans ont la jaunisse selon le ministère. Les symptômes de l’hépatite, qui apparaissent généralement après deux à six semaines suivant la contamination, sont la fièvre, la fatigue, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des selles de couleur grises, une urine d’une teinte sombre, des douleurs aux articulation et la jaunisse. Le ministère recommande des mesures d’hygiène pour éviter toute contamination. L’interferon et les médicaments antirétroviraux sont prescrits aux patients souffrant d’hépatite.