L’incidence du diabète, celle du prédiabète et de l’hypertension sont en baisse alors que celle de l’obésité a augmenté. Ce sont des conclusions de l’étude sur les maladies non transmissibles du ministère de la Santé réalisée en 2015.
L’étude a bénéficié de la collaboration du Baker IDI Heart and Diabetes Institute d’Australie et de Grande Bretagne, du St Mary Hospital et de l’Imperial College de Grande Bretagne et d’autres institutions de recherche de Suisse et de Finlande. D’autres parties de l’étude indiquent que la consommation d’alcool a augmenté alors que le tabagisme a diminué. En outre les Mauriciens font davantage d’exercices physiques.
Rendant public hier après-midi à BPML à Ébène le rapport 2015 sur les maladies non transmissibles, le ministre de la Santé, Anil Gayan, a indiqué que pour la première fois en 30 ans l’incidence du diabète s’est stabilisée. « Elle avait augmenté de 62 % entre 1987 et 2009. Ensuite elle est passée à 22,8 % en 2015 contre 23,6 % en 2009. L’incidence du prédiabète a diminué également depuis 2009 : de 24,4 % elle est dorénavant de 19,4 % ».
Anil Gayan a déclaré que le gouvernement accorde priorité à la prévention et à la prise en charge du diabète. « Nous devons avoir un programme systématique de diagnostic pour tous ceux qui sont à risques afin d’éviter que la maladie ne soit diagnostiquée par hasard ».
Pour la première fois, l’étude a pris en compte la maladie mentale et l’asthme. Le taux de dépression est plus élevé chez les femmes et atteint 20 %. Par ailleurs l’asthme touche 10 % de la population adulte. Le Pr Paul Zimmet, directeur du Baker IDI Heart and Diabetes Institute, qui en est à sa 20e visite à Maurice, était présent pour le lancement de la cinquième étude sur les maladies non transmissibles réalisée depuis 1987 à Maurice par le ministère de la Santé. Anil Gayan a d’emblée indiqué que le traitement du diabète coûte Rs 16 800 par patient et que l’État dépense 2,2 milliards chaque année pour la prise en charge de cette maladie et de ses complications. Il indique que pour la première fois, l’étude de 2015 a passé en revue l’incidence du diabète de 1988 à 2015 de même que les handicaps chez des Mauriciens de plus de 50 ans. Il en ressort que 10 % des Mauriciens, plus de femmes que d’hommes, ont une capacité réduite pour accomplir leurs tâches quotidiennes.
L’étude indique que l’incidence de l’hypertension, facteur de risque majeur des maladies cardio-vasculaires et rénales, a diminué : de 38 % en 2009, elle est de 28 % en 2015. Néanmoins un tiers des Mauriciens ont un taux de cholestérol élevé en dépit de la disponibilité de médicaments abaissant les graisses dans le sang. En outre, presque deux tiers de l’échantillonnage de population étudiée a un taux anormal de niveau de lipides (graisses sanguines), alors que davantage de Mauriciens qu’en 2009 prennent des médicaments pour les réduire soit un taux de 13 % en 2015. L’une des tendances qui restent une préoccupation de santé publique, indique le ministre, est l’incidence en hausse de l’obésité, celle-ci étant de 19,1 % en 2015 contre 16 % en 2009. « Environ 398 417 Mauriciens sont en surpoids ou obèses ». Le ministre de la Santé a souligné que l’obésité est un facteur de risques de maladies non transmissibles.
L’étude a porté sur 4 400 participants mauriciens âgés de plus de 18 ans. Le pourcentage de Mauriciens ayant soit le diabète, soit l’hypertension, soit l’albuminerie (facteur de risque de maladie rénale) est de 34 %. Le tabagisme est en baisse, bien que son incidence soit plus élevée chez les jeunes : de 21,7 % en 2009, le taux de consommation de cigarette est de 19,3 % en 2015. La consommation d’alcool est par contre en hausse : de 48,5 % en 2009, elle est de 52,8 % en 2015. Le rapport indique également que les adultes mauriciens font plus d’exercices qu’auparavant, 23,7 % en 2015 contre 16,5 % en 2009.
Anil Gayan a par ailleurs déclaré que des mesures, dont une législation, devront être prises pour contrôler le taux de sucre dans les produits alimentaires et les boissons gazeuses. Il indique également que les Mauriciens devront être sensibilisés à l’importance de faire des analyses sanguines et de prévenir des complications de santé dans le futur.