Ce 13 mars marque la Journée mondiale du Rein. A cette occasion, l’organisation Lupus Alert à Maurice, qui a organisé deux causeries le 23 février et le 8 mars derniers sur les maladies rénales et le lupus, tire la sonnette d’alarme sur l’urgence d’une formation continue pour les médecins spécialistes, dont certains « n’arrivent pas à diagnostiquer des patients souffrant de lupus ». Et sa présidente, Babs Venkatasamy, de préciser que « c’est inadmissible en 2014, de surcroît après tout le travail de sensibilisation que Lupus Alert organise, notamment à propos des symptômes ». Elle souligne : « Il n’y a pas que le diabète qui conduit à des maladies rénales. Près de 60% des patients souffrant de lupus érythémateux systémique ont une atteinte rénale ».
« Il y a une ignorance et une négligence par rapport au lupus. C’est grave que certains spécialistes ignorent les symptômes de cette maladie et n’arrivent pas à la diagnostiquer » estime la présidente de Lupus Alert, Babs Venkatasamy. Selon elle, il y a trop de cas semblables. D’où l’urgence, ajoute-t-elle, d’une formation continue des médecins dans les hôpitaux. « Le ministère doit faire un effort. Un des derniers cas qu’on m’a relaté dimanche est celui de cette patiente dont on n’a pu faire le diagnostic à l’hôpital. C’est un autre médecin qui a pu le faire et, entretemps, la patiente était au plus mal, la maladie ayant commencé à atteindre son cerveau. La patiente pouvait rire soudainement pour, l’instant d’après, se replier sur elle-même. Ce n’est pas possible que nous, à Lupus Alert, nous fassions le travail de base contre une maladie aussi grave alors que certains médecins n’arrivent même pas à diagnostiquer le lupus. Le ministère doit organiser des formations car la maladie est très complexe. »
Mme Venkatasamy déplore également la non-disponibilité du Prednisolone à l’hôpital Candos pour les personnes atteintes du lupus. Le cachet de 25 mg serait disponible, mais pas celui de 5 mg, dit-elle, posant la question : « Comment couper un comprimé en 5 ? ».
Le thème de la Journée mondiale du Rein cette année est “Vous prenez de l’âge, vos reins aussi !”. Près de 60% des patients atteints de Lupus souffrent aussi du LES (lupus érythémateux systémique), ce qui peut conduire à une insuffisance rénale, laquelle peut parfois même être fatale. Le LES provoque une rougeur ou un érythème du visage en forme de masque de loup, couvrant les pommettes, les ailes du nez, le front et le pourtour des yeux. Cette maladie auto-immune, où le système immunitaire déréglé se retourne contre les propres cellules du sujet, est dite “systémique” car elle peut toucher n’importe quel organe. Son pronostic reste sévère, mais s’est toutefois beaucoup amélioré en quelques années.
Si le traitement du lupus a beaucoup progressé, et la surmortalité infectieuse et rénale due à la maladie a beaucoup diminué en 30 ans – même si une surmortalité cardiovasculaire persiste –, son évolution reste malgré tout aléatoire. Ses conséquences potentiellement graves justifient par ailleurs un traitement rigoureux qui vise à en contrôler les effets.
Selon les statistiques mondiales, un adulte sur dix souffre d’une affection rénale, soit plus de 500 millions de personnes à travers la planète. Cependant, du fait d’un diagnostic tardif, chaque année, des millions de personnes décèdent prématurément d’insuffisance rénale chronique et de complications cardiovasculaires qui lui sont associées. Depuis plusieurs années, les maladies rénales, même si elles sont le plus souvent silencieuses, peuvent toutefois être détectées et leur évolution ralentie, voire stoppée, par des médicaments et des règles hygiéno-diététiques simples. Selon la Global Kidney Community, la sensibilisation aux maladies rénales est plus qu’urgente aujourd’hui afin d’éviter des décès.