Les Mauriciens meurent moins de troubles cardiaques mais plus des maladies respiratoires et du cancer. C’est ce qu’indiquent les derniers relevés du ministère de la Santé pour l’année 2013. Les décès pour cause de maladies pulmonaires sont en effet en hausse, représentant 8,6% de tous les décès de l’année dernière. À titre de comparaison, en 2008, elles ne provoquaient « que »… 6,4% des décès. La mortalité découlant du cancer est également en augmentation, avec 13,4% des décès en 2013, contre 11,9% en 2008. En revanche, la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires est en baisse, soit 31% des décès en 2013 et 37,3% en 2005.
Selon les études réalisées par le ministère de la Santé les maladies cardiaques, le cancer, le diabète et les troubles mentaux liés au vieillissement de la population et à l’urbanisation galopante représentent 60% de la mortalité à Maurice. Par ailleurs, les blessures et les empoisonnements constituent 5,3% des décès en 2013.
Quelque 795 décès enregistrés l’année dernière résultaient des maladies respiratoires, tandis que le cancer fait 1 500 morts chaque année. Sur ce point, il est bon de savoir que le ministère de la Santé a alloué une somme de Rs 40 M pour la création d’une Agence nationale du cancer avec, pour objectifs, le diagnostic précoce et des traitements, tenant compte des dernières avancées mondiales. Selon la Société de pneumologie de l’océan Indien (SPOI), qui tiendra son congrès annuel à Maurice en novembre prochain,  la pollution de l’air et le tabagisme accroissent l’incidence des pathologies pulmonaires et de l’insuffisance respiratoire chronique. Le tabagisme est quant à lui responsable de 1 000 décès chaque année à Maurice.   
Selon le ministère de la Santé, les hospitalisations pour cause de maladies cardio-vasculaires et de leurs complications ont diminué. Ces malades représentaient 13,4% des hospitalisations en 2011, contre 15% en 2005. Selon  une étude du ministère, ces maladies, dites non transmissibles, représentent 80% de toutes les pathologies et 60% de la mortalité dans notre pays.
Une alimentation trop grasse, trop sucrée, trop salée, un manque d’activité physique, le tabagisme, la consommation de boissons alcoolisées, y compris chez des adolescents, mais aussi le vieillissement de la population sont autant de facteurs expliquant ces pathologies, indiquent les études du ministère de la Santé sur les maladies non transmissibles. Quelque 23,6% des adultes âgés entre 25 et 74 ans sont diabétiques. Par ailleurs, plus d’un Mauricien sur trois (37,9% des adultes) a de l’hypertension. De même, 56,2% des adultes mauriciens ne font aucun exercice physique, qu’elle soit modérée ou intensive, indique le ministère. Et chez les jeunes, l’inactivité physique est encore plus alarmante : seulement 19,4% des écoliers de 13 à 15 ans sont en effet physiquement actifs. L’absence d’activités physiques est la cause de l’incidence élevée des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de l’obésité et, même, du cancer du sein et de celui du côlon, selon le ministère de la Santé. L’inactivité physique est le 4e facteur à risque dans le monde en termes de mortalité. Elle est responsable de 21 à 25% des cancers du sein et du côlon, 27% du diabète et 30% des maladies cardiaques. Par ailleurs,
21,8% des écoliers mauriciens âgés de 5 à 11 ans et 26,6% des étudiants de 12 à 19 ans sont obèses ou en surpoids. Et ces enfants courent un risque élevé de souffrir du diabète et de maladies cardio-vasculaires très tôt à l’âge adulte.