Le film Michaël Sik Yuen/ PMSD tire à sa fin. Du moins, la rupture entre le député de la circonscription No 17 et son parti, annoncée depuis une année, a été confirmée cette semaine, lors de la fête de fin d’année du parti au Café du Vieux Conseil. En guise d’explications pour l’absence remarquée de Michaël Sik Yuen à cette fête des bleus, les dirigeants du parti ont laissé entendre que c’est délibérément qu’aucune invitation ne lui avait été envoyée. « Nou pa ti lé li gate nou fête », disent-ils, déplorant le manque d’égard du principal concerné pour son parti ces derniers temps et qu’il affiche ouvertement. Parallèlement, le leader des bleus, Xavier Duval, s’il reste pour l’heure silencieux sur cette affaire, a laissé comprendre qu’en 2014, il mettra les points sur les « i ».
« Nous avons commencé l’année avec l’affaire Sik Yuen et nous terminons l’année avec Michaël Sik Yuen et cette fois c’est pour de bon. » C’est ce que laissent entendre les membres influents du PMSD dans leurs commentaires à Week-End sur les dessous de cette affaire. En effet, si la saga, démarrée en février dernier, avait laissé la place à « un apaisement officiel » en juin, le film était loin d’être terminé. C’est cette semaine que la confirmation est venue des instances du PMSD elles-mêmes de la rupture du parti avec le député de la circonscription No 17. La hache de guerre enterrée entre Xavier Duval et Michaël Sik Yuen a de nouveau été déterrée ces derniers jours, notamment en raison du comportement de celui que Jacques Panglose, porte-parole du parti, avait qualifié de « gro garçon mal-élevé ». La goutte d’eau qui a, à nouveau, fait déborder le vase est la présence de bouncers aux côtés de Michaël Sik Yuen à la cérémonie de dépôts de gerbes à l’occasion de la commémmoration de l’anniversaire de Sir Gaëtan Duval le 9 octobre. « Ki sa sa sa? Li per nou, sa même li mars are bouncers? », se demandent les membres du PMSD. Et de faire ressortir que le comportement du ministre du Tourisme déplaît fortement à la direction du PMSD. C’est pour cette raison qu’il a été boycotté des célébrations de la fête de fin d’année du parti la semaine dernière. « Nou pa ti lé li vinn gate nou fête », laisse-t-on entendre.
« Finn arriv ler »
Le film Sik Yuen tire ainsi à sa fin, avec le bureau politique du PMSD qui doit se rencontrer après les fêtes de Noël pour officialiser la rupture selon nos informations. « Finn arriv ler », apprend-on de sources proches du dossier. Les points contre Michaël Sik Yuen se sont accumulés ces derniers mois et « le pikan Sik Yuen » est resté en travers de la gorge des membres du PMSD. Si bien que le leader du parti a même boycotté le Festival Kreol, considéré comme « le bébé des Bleus », organisé cette année par le ministre du Tourisme. De plus, si « délibérément », Michaël Sik Yuen n’a pas été invité à la fête des bleus, lors des différentes interventions à l’occasion de la fin de fin d’année, les orateurs sont restés concentrés sur les « achievements » de leur leader sur le plan local et international. Nul n’a pipé le moindre mot sur le ministre du Tourisme. En revanche, la bonne performance des Parliamentary Private Secretaries (PPS) bleus, Thierry Henry et Aurore Perraud a été vivement saluée.
Faut croire qu’en dépit de ce que disait Xavier Duval il y a six mois, la révocation brutale de Robert Desvaux du poste de président de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), contre le gré du leader des bleus, n’a jamais été pardonnée. D’autant que jusqu’ici, la nomination de Robert Desvaux, comme souhaitée par le leader des bleus, au sein d’un organisme para-étatique important, se fait toujours attendre. Or, en juin dernier, en mettant « un point » sur le « i » de l’affaire Sik Yuen, Xavier Duval avait souhaité « une solution scellée dans du béton ». Et lorsqu’ils se sont réconciliés et que XLD parlait « d’une solution scellée dans du béton », Michaël Sik Yuen avait renchéri en insistant sur l’importance de la sincérité et souligné que « fodé pas fer zess pour la galerie après pena nanien positif ». Cependant, le comportement de Sik Yuen ces derniers temps est loin, selon nos informations, d’avoir été apprécié par la direction des bleus, qui avaient été satisfaits des « motivations, explications, raisons » fournies par le principal concerné lors du Bureau politique convoqué spécialement le 30 mai dernier.
L’affaire Sik Yuen arrangerait les Bleus
Des sources dignes de foi font ressortir qu’en juin dernier, alors que Michaël Sik Yuen n’avait qu’une envie : « claquer la porte » du PMSD, Navin Ramgoolam serait intervenu pour qu’il fasse la paix avec les bleus. Cette fois, c’est un tout autre dessein dont il est question : l’affaire Sik Yuen arrangerait le PMSD qui, selon l’opposition, seraient mal à l’aise au gouvernement depuis les élections municipales de 2012. La population est témoin des dessous de ce gros malaise qui secoue le PMSD depuis le début de l’année, notant les distances marquées entre le PMSD et son allié gouvernemental, les différentes remarques du leader des bleus contre le gouvernement, et même les prises de positions du Premier ministre Navin Ramgoolam depuis que l’affaire Sik Yuen avait éclaté avec le révocation de Robert Desvaux. Plus récemment, le PMSD – qui avait mal digéré que Sik Yuen se présente aux élections en tant que « population générale » pour, après les élections, se poser en représentant de la communauté sino-mauricienne – aurait interprété les propos de Navin Ramgoolam sur la population générale tenus lors de la remise des certificats aux étudiants du programme NICE, comme un soutien à « l’astuce » de Michaël Sik Yuen. Ce qui apparemment alimente davantage le feu qui couve depuis plusieurs mois entre les bleus et rouges.
Le « move » des bleus se précisera en 2014
Quoi qu’il en soit, le « move » des bleus devrait être clarifié à la rentrée 2014, a laissé entendre Xavier Duval, qui a indiqué qu’il profitera de 2014 pour mettre les points sur les « i ». S’agit-il d’une cassure? En tout cas, la direction du PMSD a déjà, selon nos informations, décidé de commencer 2014 sans Michaël Sik Yuen. Cette décision sera officiellement communiquée lors du Bureau politique spécial convoqué après la Noël. 2014 sera ainsi une année importante pour le PMSD qui compte commencer un travail de terrain dès le début de l’année. « Nous allons nous renforcer et être très présents dans les cinq villes du pays », a indiqué Xavier Duval dans son discours. En attendant, c’est l’opposition qui exploite les différends entre le PMSD et le PTr et, davantage entre Xavier Duval et Navin Ramgoolam, en procédant à des jeux de séduction avec les bleus.