À Curepipe, les marchands ambulants ont recommencé leurs activités depuis plus d’une semaine. Malgré l’interdiction de la municipalité de travailler dans le centre ville, ceux-ci ont en effet repris possession de « leurs » quartiers.
En novembre 2013, des mesures drastiques avaient été prises par la municipalité de Curepipe afin qu’une cinquantaine de marchands ambulants cessent leurs opérations dans le centre ville. Ces derniers opéraient principalement à proximité des gares du nord et du sud. La mairie avait alors pris le taureau par les cornes en détruisant principalement les bâtiments Piton et Ramdin (où les marchands avaient pris leur quartier) et en augmentant la présence d’officiers du département de la santé publique sur les sites d’opération des colporteurs. Du côté des citadins, ce « retour » est diversement commenté. Ainsi, si certains ne voient « aucun problème » au fait que les marchands fassent leur réapparition dans le centre ville, d’autres, en revanche, déplorent cet état de fait. « Circuler dans le centre ville, principalement en direction de la gare, redevient pénible. Il est difficile d’avancer, sans compter que la présence des marchands crée un sentiment d’insécurité, car cela amorce aussi le retour des voleurs », soutient Monique, une habitante de Forest-Side. M. Renganaden, un habitant de Flacq employé dans une banque de Curepipe, juge lui aussi « inadéquate » la présence des colporteurs à la gare du nord. « Je comprends que ces personnes doivent travailler, mais parfois leur façon d’opérer est inappropriée », soutient-il. Et de pointer du doigt une dizaine de marchands ambulants utilisant les bancs de la gare en guise de « store ». « Ils se placent devant les bancs tandis que leurs produits, eux, sont directement étalés sur les bancs. Les passants qui souhaitent s’asseoir ne peuvent donc pas le faire. Ou pa kapav pran risk dir zot « pardon » parski zot ankoler », raconte-t-il. Smeeta, une commerçante opérant à la gare, remarque pour sa part qu’un grand nombre de marchands ambulants travaillent « sans être inquiétés » par les policiers, qui sont pourtant, dit-elle, « omniprésents à la gare » du nord. Toutefois, ce qui étonne davantage les citadins, c’est qu’aucun mot d’ordre n’a été émis par la municipalité pour permettre le retour des marchands ambulants, et ce alors que le Conseil était d’avis que ces derniers devaient faire l’objet d’un plan de relogement. « C’est un relâchement incompréhensible de la part de la municipalité. Pourtant, pendant la période des fêtes, la mairie avait agit avec fermeté pour leur interdire d’opérer », dit Ananda Rajoo, conseiller du MMM. Et de questionner : « Quelle est la politique de la municipalité à ce sujet ? ». Nous avons tenté d’obtenir une réaction de Mario Bienvenu, le maire de la ville. En vain.