L’aménagement de l’ex-route devant Tarisa Resort à Mon Choisy se poursuit de plus belle. Malgré l’indignation que cette interdiction de passage sur une route publique provoque, l’activiste rouge, Leckram Nundlall, un proche du Premier ministre, active ses travaux le long de l’ancienne route B38, et a cette semaine délimiter une zone qui ressemble fort à une «plage privée». Et alors que la semaine dernière, au ministère des Infrastructures publiques personne n’était au courant de cette affaire, cette semaine, on y fait ressortir que tout est dans les règles. Ce que réfute la société civile, qui en la personne de Georges Ah Yan qui envisage de nouvelles actions légales pour que cette route redevienne publique.
Les ouvriers s’activent à Mon Choisy pour  finir les travaux devant l’enceinte de Tarisa Resorts que Week-End révélait dans son édition de la semaine dernière. Cette semaine, outre des dépôts de terre, un JCB était à l’oeuvre déposant des amas de sable sur l’ancienne route côtière devant l’établissement hôtelier de Leckram Nundlall. Si au niveau des Infrastructures Publiques on assurait la semaine dernière ne pas être au courant des travaux entrepris par Tarisa Resorts, un haut gradé du ministère laisse entendre, cette semaine, que « c’est enn cabinet décision ça. La route la inn fini deproclaim. Nou pa pou commente ça zafer la. Li (NDLR : Tarisa Resorts) inn fini gagn so lease la terre ». Il ajoute « tout légal » et va plus loin disant que « kifer pou lezot place kot inn dévier la route dans Maurice, personn pann dir nanien? »Ce qui n’est pas vrai car les archives de Week-End prouveraient le contraire, à l’instar de la déviation de la route Bel Ombre/St Félix en 2003-2004, ou celle de la route côtière de Trou aux Biches en 2007-2010 qui ont fait l’objet de critiques dans la presse et de couvertures de manifestations du public.
Si dans le cas de St Félix/Bel Ombre, à l’époque, il n’y avait aucun bâtiment commercial ou établissement hôtelier, ou encore de maisons, le projet avait néanmoins été vivement contesté par le public criant à l’accaparement des terrains de l’État. Au niveau de Trou-aux-Biches Hotel, maintes manifestations avaient été organisées par les habitants de la région déplorant que  le tracé de la route à l’initiative du groupe Beachcomber dans le cadre de son projet de démolition et reconstruction de l’hôtel Trou aux Biches (TAB) gênerait la tranquillité des habitants de la localité sans compter son impact sur l’environnement, vu que le tracé de la nouvelle route passait à proximité d’un marais.  Les deux projets sont néanmoins allés de l’avant.
Dans le cas de St Félix, il n’existait à l’époque aucun établissement hôtelier digne de ce nom et cette nouvelle donne a eu pour effet de favoriser plusieurs établissements . Dans le cas de Trou aux Biches, l’hôtel était déjà situé en front de mer. Qui plus est, dans le sillage de son projet, le TAB Hotel a établi un village intégré pour la région. Or, dans le cas de Tarisa Resorts, l’accès direct à sa clientèle à la mer, confère désormais à l’hôtel un « plus value ». Un jackpot dont jouirait seul Leckram Nundlall et ses associés.
Un dessein dénoncé depuis 2010
Outre le bitume enlevé devant son établissement – qui avec la déviation de la route côtière de Mon Choisy, dispose d’un accès direct pour les clients de l’hôtel à la plage publique e Mon Choisy – Tarisa Resorts a installé cette semaine un grillage métallique des deux côtés de la route, barrant ainsi le passage au public. Un passage clouté a aussi été dessiné derrière les feux de signalisation, délimitant davantage le droit de passage pour le public. Situation des plus scandaleuses car désormais, seuls les clients de Tarisa Resorts peuvent emprunter les 250 mètres de l’ancienne route côtière B38 traversant devant l’établissement hôtelier, transformé en véritable «plage privée».
C’est le dessein qu’avait dénoncé les habitants de Mon Choisy depuis 2010, après une décision du Conseil des ministres pour une déviation de la route à Mon Choisy, en faveur de l’agrandissement du « Chemin Commun » sous prétexte de faciliter le trafic. Les habitants avaient en effet dénoncé qu’avec cette déviation, il était clair que le droit au public d’accès à la plage serait lésés. Ils avaient alors logé un plainte en Cour. Plainte qui, à ce jour, attend tours d’être entendu. C’est dans cette optique que le travailleur social Georges Ah Yan, porte-parole de la Platform Pou Sov nou La Plaz (PPSNLP) qui accompagne les habitants de Mon Choisy depuis le début de ce conflit, envisage de demander un « early trial » pour ce case, qui doit être entendu le 11 septembre.
« Ki fer c’est enn agent PTr ki finn benéficié lease? »
Une déposition a déjà été faite à la police de la localité, les habitants de Mon Choisy ne comprenant pas « comment le promoteur de Tarisa Resorts a pu entamé des travaux alors qu’il y a un connected case avec l’ancienne route B 38 ». Georges Ah Yan s’insurge que les autorités aient donné un quelconque aval, voir un lease à Leckram Nundlall pour cette ancienne route, car dit-il « même si la route a été deproclaimed avec la déviation de la route côtière effective depuis mars 2013, ce chemin appartient au public ». Au-devant des nombreuses zones d’ombres qui  entourent ce projet de Tarisa Resorts, le travailleur social pense recourir à d’autres actions légales. « Pa kapav pren laplaz, prend simé donne ti copain. C’est nous droit qui pe bafoué », dit-il. Et de faire ressortir que ces « cadeaux sont faits à des petits copains, proches du pouvoir ». « Ki fer pa fin don M. X, pa fin don M. Y, ou pa fin donne moi sa semé la? Ki fer c’est enn agent PTr ki finn benéficié lease? » demande-t-il. Soutenant que « jamais pa finn ena accident la! Pa ti ena okenn raison pou ki public aret servi la route côtière », le porte-parole de la PPSNLP se demande pourquoi Leckram Nundlall a entamé des travaux sur cette route sans qu’il n’y a d’avis pour en informer le public.
S’agissant du lease qu’aurait obtenu l’activiste rouge qui siège également sur le board de la Raod Developement Authority (RDA), qui a procédé avec la déviation de la route côtière, aux travaux de construction de la nouvelle route Mon Choisy/Pointe aux Piments, nos questions au ministère des Terres et du Logement sont restés sans réponses. Jusqu’ici nul n’a été capable de nous confirmer si effectivement Leckram Nundlall jouit désormais de cette parcelle de terres qui appartient à l’État. On laisse comprendre que « ce qui relève des routes tombe sous la responsabilités de la RDA. » « Si la RDA a deproclamé cette route, elle redevient terre de l’État. Est-ce que le ministère a donné un lease, il faut vérifier », nous a-t-on répondu. Et comme la semaine dernière, nos tentatives d’entrer en contact avec le propriétaire de Tarisa Resorts ont été vaines.
Empressement
D’aucuns se demandent pourquoi cet empressement à terminer ces travaux. Serait-ce en raison des rumeurs autour de la tenue des élections générales anticipées? En tout cas, il est un fait que dans la circonscription No 5, de surcroît, celle de Navin Ramgoolam, les agents rouges agissent allègrement et en toute impunité. Comme c’est le cas pour le délai indéterminée dont disposent les Sungkur pour démolir la terrasse que le ministère des Terres et du Logement leur avait été sommés – une dizaine de jour après l’ouverture du Rittum Coffee sur la plage de Trou aux Biches – de détruire. En effet, à ce jour, plus de quatre mois après qu’un « Encroachment notice » leur ait été servi du fait que non seulement le bâtiment érigé n’avait pas été construit d’après les conditions établies par les autorités, mais aussi du fait qu’ils n’auraient pas dû ériger une toiture (même si en tôle), sur cette terrasse, les règlements leur recommandant de « leave the place open », les Sungkur  n’ont toujours pas apporté les modifications nécessaires.
Jayraj Woochit, qui a aussi obtenu en catimini les permis d’exploitation du jet ski dans le Nord avec l’autre activiste rouge Mike Dookun, active lui aussi les travaux de sa boathouse dans l’enceinte du  terrain d’État abritant la National Coast Guard. Boathouse dont Jayraj Woochit avait soutenu ne plus vouloir aller de l’avant avec en raison des nombreux problèmes que son projet a soulevé.
S’ils offusquent, les agissements des agents rouges n’étonnent plus personne, les autorités fermant les yeux et octroyant des permis à tous vents. Mais pas seulement, pour le leader de l’Opposition Paul Bérenger, il n’y a plus de nouveaux scandales depuis les koz kozer…