Frappé d’une suspension — quatre semaines depuis mercredi —, le cours de première année de médecine au SSR Medical College (SSRMC) se déroulerait normalement. C’est ce qu’ont confié des étudiants inquiets au Mauricien. Ceux-ci disent ne pas savoir s’il faut se plier aux recommandations de la Tertiary Education Commission (TEC) ou aux directives de l’institution. Sollicité pour une réaction, le président du SSRMC a laissé entendre que tout est rentré dans l’ordre à l’institution.
Dans un communiqué émis mercredi après midi, la Tertiary Education Commission annonçait la suspension du cours de première année MBBS à la SSRMC, faute d’accréditation. « Le cours de médecine (MBBS) de la première année n’a pas encore été accrédité par la TEC, mais entre temps, le SSR Medical College a recruté des étudiants. »
En réalité, le SSRMC, qui dispense des cours de médecine à Maurice depuis 1999, attendait le renouvellement de son accréditation pour cette année. Entre temps, il a recruté un nouveau batch d’étudiants en mars. Cela fait six mois que les aspirants médecins sont admis en cours. Ils se demandent donc pourquoi la TEC a mis tant de temps avant d’agir.
Des informations glanées auprès de l’institution régulatrice, il nous revient que ce n’est pas la première fois que le collège de Belle-Rive est en effraction. Selon notre source, il lui avait été demandé de se plier aux règlements et c’est en l’absence d’une réaction positive que la suspension a été décidée conjointement par ministère de l’Enseignement supérieur, le TEC Board et l’UoM Board.
De même, nous apprend-t-on, un International Monitoring Committee mis en place l’année dernière dans le cadre de cette accréditation avait également fait certaines recommandations.
Les étudiants eux — environ 40 Mauriciens et 40 étrangers — se disent perdus et inquiets par rapport à la situation. « Nous ne savions pas que l’école n’avait pas l’accréditation nécessaire. Nous sommes maintenant au bout du premier semestre avec les examens bientôt, qu’allons-nous faire ? », disent-ils.
Ces derniers se disent contraints de continuer à aller en cours, comme le leur a demandé la direction et ce, en dépit de la suspension de la TEC. « Nous n’avons pas le choix. Si les cours continuent, ne pas aller en classe voudrait dire rater un mois de cours et aussi les 80 % de présence nécessaire pour pouvoir passer les examens. Or, à ce jour, nous avons déjà payé Rs 600 000 pour ces études. »
Le coût total pour les cinq années d’études s’élève à Rs 1,2 million. Outre les Mauriciens, un grand nombre d’Indiens et de Sud-Africains — 50 % de la classe — sont venus suivre ce cours de médecine à Maurice. À la rentrée, en mars 2013, il y avait environ 90 élèves pour la MBBS Year 1. Une dizaine d’entre eux aurait abandonné au cours du premier semestre.
La TEC n’a communiqué aucun détail sur ce qui est reproché exactement au SSRMC. Mais selon les étudiants, il y aurait des problèmes au niveau des infrastructures, un manque de chargés de cours et également des manquements au niveau du matériel. Certains des chargés de cours sont d’anciens élèves du SSRMC qui se sont retrouvés là, faute d’emploi comme médecin.
Les étudiants lancent un appel aux autorités pour clarifier la situation. « La TEC dit qu’il y a une suspension mais l’école nous dit de venir aux classes. C’est confus, nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. »
Sollicité par Le Mauricien pour une réaction sur toute cette affaire, le président du SSRMC, R. P. N Singh, actuellement en Inde, a simplement répondu : « The issue stands sorted. »