La quête de l’impossible royaume peut bouleverser et transformer une femme. Les solutions : faire des photos, des vidéos et des peintures à l’aide de techniques traditionnelles. Dans tous les cas, c’est l’aventure.
Sur la route de Tombouctou, des guides agressifs, des vendeurs qui pullulent, des objets de pacotille en provenance de Chine : de quoi être déçu par la ville d’or et de lumière. Mais on sait que le Mali, enclave de l’Afrique de l’Ouest, entre désert et savane, est rongé par la pauvreté. Tout est prétexte pour faire du commerce, nous dit Nirveda Alleck qui est à son deuxième séjour à au Mali. La plasticienne mauricienne a participé à la deuxième édition du Festival Africain d’Images Virtuelles Artistiques (FAIVA). Elle envisageait un voyage de Bamako jusqu’au pays Dogon où elle ferait des installations bien spécifiques, s’imprégnant du paysage local, des traditions et croyances populaires. Son séjour étant sponsorisé par le Centre Soleil d’Afrique et la Arts Collaboratory Organization basée aux Pays-Bas. Il est vrai que le Mali avec ses falaises, ses savanes, ses cités classées au patrimoine de l’humanité, possède d’énormes richesses culturelles. Le travail réalisé par Nirveda dans ce pays reflète la quête d’une destination impossible.
L’artiste avait la tête bourrée de mythologies lorsqu’elle a entrepris le voyage de Bamako à Tombouctou. Mais face à la globalisation et un pays qui tente d’échapper à la pauvreté par tous les moyens, l’artiste a vécu une autre expérience.  » I traveled from Bamako to Timbuktu, that mythical place that I had formed in my head throughout my life after I had read of it when I was a child. In a week I felt all in me has changed, rather my preconceptions of Mali and what it could be, and I went through feelings of never getting there, and I felt I never got there even when I was present there physically, » déclare Nirveda de retour de Bamako. Elle nous parle néanmoins de Ségou, sanctuaire de l’animisme africain, de la cité de Diafarabé autour de sa mosquée entre Ségou et Mopti, du Niger où un homme dans sa pirogue semble ramer inlassablement. Mali (Malel ou Malal pour les voyageurs) c’est le nom donné par les Peuls pour désigner leurs  provinces. Le pays Dogon dans les falaises de Bandiagara et son peuple classé au patrimoine national ont fasciné Nirveda Alleck. Elle nous parle de la pauvreté qui y règne, des produits artisanaux qu’on fabrique, de la maison du chef du village où l’on trouve toutes sortes de symboles. Et puis, cette terre argileuse, orangée, qui lui a fourni la matière pour une nouvelle esthétique: elle a réalisé des peintures avec cette terre et en s’inspirant de vieilles cartes postales qui déchirées, délavées par le temps, sont à l’image de ce pays qui semble se désintégrer pour l’artiste. Le Niger lui a permis de capter des images fuyantes. Djenné reste un chef-d’oeuvre d’architecture en terre avec sa célèbre mosquée interdite aux non-musulmans. Tombouctou ne relève plus du mythe.
Quel drôle de voyage pour celle qui était en quête de l’expérience malienne!