L’essence du temps est l’un des sujets les plus intrigants et troublants en philosophie et en science. Longtemps considéré comme un constat évident de la nature, de nos jours, il est loin d’en être ainsi. Ancienne étudiante en sciences sociales, je me souviens de mes monologues cérébraux avec le « présentisme » et « l’éternalisme » ou encore « l’endurantisme » et le « perdurantisme ». Mes monologues sont restés des monologues et je ne peux qu’approuver Napoléon 1er ; dans « Maximes » (1815), cette personnalité écrivait qu’il est d’un voleur que la loi ne peut coincer, un voleur qui enlève ce qui est plus cher aux hommes : le temps. Et c’est ainsi que nous entrons une nouvelle fois dans une énième période festive toujours perplexe quant au temps qui nous échappe de plus en plus – insaisissable. On a déjà sorti le Père Noël du placard, et imaginons déjà comment améliorer la version 2010 sur son existence, parce qu’on réalise que comme c’est le cas pour tout mensonge, il est indispensable de construire davantage de mensonges et de défenses sur les pouvoirs de l’homme barbu en costume rouge et ce, au fur et à mesure que le temps passe. Parce que la Noël c’est avant tout la fête des enfants même si elle symbolise de plus en plus une ode au matérialisme. Nintendo DS, i-Pad, i-Phone… Bref, à l’heure qu’il est, le Père Noël est déjà en réception de plusieurs lettres soigneusement rédigées par des petites mains innocentes aux quatre coins du monde. Mais il est des enfants pour lequel le Père Noël est et restera une sale ordure. A qui la faute ? Je m’explique.
Hier matin j’apprenais avec effroi le cas d’un bébé de six mois piétiné par son père en public dans le sud du pays à la suite d’une dispute conjugale. J’ignore tout du pourquoi et du comment et techniquement je devrais me passer de tout jugement sauf qu’il est difficile pour moi de la mettre en veilleuse lorsqu’il s’agit d’enfance abusée – une de plus. Sur le coup, je me suis demandée si finalement, il ne faudrait pas un permis pour avoir des enfants. Je sens déjà les ultraconservateurs brandir les saintes écritures en signe de protestation mais puisqu’on ne peint pas du blanc sur du blanc et du noir sur du noir, permettez-moi de poursuivre. De nos jours, être un parent n’est pas à prendre à la légère et le futur de notre pays vanillé repose largement sur le rôle que les parents jouent dans la vie de leurs enfants. Tout comme le mariage mérite une sérieuse réflexion, il devrait en être de même en ce qu’il s’agit d’avoir un enfant. Trop souvent, à mon humble avis, les gens ont des enfants pour les mauvaises raisons : leurs parents ont une soif immense de devenir grands-parents, les tic-tac de l’horloge biologique ressemblent plus à des roulements de tambour et perpétuer son nom est obligatoire ; leur religion interdit la contraception ; faire un enfant en vue de retenir l’autre ; ou tout simplement, les hormones finissent par avoir le dessus et hélas, ils ne se sont pas protégés !
Voyez-vous, j’ai du mal avec les gens qui ignorent tout de leurs limites, et je persiste à croire qu’il y a de nombreuses personnes qui ne devraient pas faire partie du jeu parental. Un permis parental n’est certes pas pratique. Ce n’est pas légal. Mais il nous faut trouver le moyen de privilégier les besoins des enfants qui doivent être protégés… et ce avant le droit des adultes de procréer. J’admets que rédiger une loi pour interdire aux abuseurs d’enfants de procréer serait utopique et représenterait une sérieuse entrave à la liberté de l’individu et aux droits humains. Je souhaite de tout coeur, qu’un jour les gens cesseront de considérer la parentalité comme un droit mais plus comme un privilège. Et les privilèges viennent avec des responsabilités.