Brendan Rodgers vise loin. Il a un plan à long terme pour Liverpool et c’est la raison pour laquelle, il préfère faire jouer les jeunes tels Rahim Sterling, Joe Allen et autre André Wisdom. Il a raison, mais quand il joue contre une équipe comme Manchester United, il a un certain devoir moral envers les supporteurs de Liverpool, celui de défendre l’honneur et le prestige d’un club au passé glorieux.
Or dimanche, sans vouloir diminuer ses compétences et ses mérites, Brendan Rodgers est passé à côté de la plaque en alignant une équipe sans grandes possibilités offensives et cela s’est vérifié dès les premières minutes de la rencontre. Sautant sur l’aubaine, Manchester United ne s’est pas fait prier pour étaler son jeu et au fil des minutes ses joueurs ont pris confiance ; et lorsque Robin van Persie a ouvert la marque à la 19e minute, ils savaient qu’ils tenaient le bon bout face à une équipe qui avait perdu la bataille du milieu de terrain et arrivait difficilement à passer la ligne médiane.
Rahim Sterling a peut-être des qualités intrinsèques, mais il est évident qu’il a encore un très long chemin à faire tout comme Joe Allen dont la contribution a été inexistante, laissant ainsi le champ libre à un Michael Carrick qui a beaucoup progressé dans la relance. Pour revenir à Rahim Sterling, il lui manque cette confiance d’un grand joueur, celui qui peut faire la différence, qui peut porter le danger dans le camp adverse par ses dribbles et ses percées et qui peut changer le cours d’un match par un simple geste ou une simple passe. Incapable de déborder et passer son adversaire direct, il s’est contenté d’un rôle de figurant avec des passes latérales ou en retrait.
Quand on achète un joueur de la trempe d’un Daniel Sturridge et surtout quand on sait que pour gagner un match, il faut marquer, on ne peut se permettre de se passer de ses services. La différence entre Rahim Sterling et Daniel Sturridge était flagrante. La preuve, Rahim Sterling n’a pas décoché un seul tir en première mi-temps alors que Daniel Sturridge en a décoché cinq dont un a fini sa course au fond des filets.
Il y a quelques semaines, Brendan Rodgers a dit à Stuart Downing qu’il pouvait quitter Liverpool, mais depuis, ce dernier a toujours fait partie du XI initial. Preuve que Brendan Rodgers est allé vite en besogne. Stuart Downing a beaucoup plus de métier que Joe Allen et même s’il manque de confiance – car il a passé le plus clair de son temps sur le banc – il est de loin plus efficace. Au moins, il sait dribbler et a l’audace de provoquer ses adversaires même si ses centres ne sont pas toujours précis.
Joe Allen n’a malheureusement pas le physique d’un Jonjo Shelvey qui reste un joueur très agressif et qui se donne à 200%, un peu à la manière de Jaimie Carragher quand il est aligné. Dimanche, il aurait été d’un apport conséquent aux côtés de Steven Gerrard, mais malheureusement il a été laissé sur la touche au profit d’un Joe Allen qui risque d’être un ‘flop’ au même titre que Joe Cole qui a fini par être transféré. Ce n’est pas parce qu’il aime Joe Allen que Brendan Rodgers doit l’imposer aux supporteurs de Liverpool. Quand un joueur manque de maturité et d’expérience, on ne le balance pas dans un derby aussi féroce et d’une telle intensité.
Pour revenir à Jonjo Shelvey, ceux qui ont assisté au match Mansfield Town-Liverpool, vous diront que son entente avec Daniel Sturridge était parfaite et cela aurait pu payer des dividendes contre Manchester United si Brendan Rodgers lui avait fait confiance.
Certains diront que Lucas n’a pas été également à la hauteur. Peut-être. Mais au moins lui, il a des excuses à faire valoir car il revient d’une très longue absence et qui plus est, il a le mérite de disputer chaque balle sans jamais baisser les bras. Tout compte fait, je crois en toute sincérité que Brendan Rodgers s’est grossièrement trompé dans ses calculs. Rahim Sterling et Joe Allen sont peut-être des joueurs d’avenir mais pas suffisamment armés physiquement et techniquement pour faire partie du XI initial.
Avec Jonjo Shelvey et Daniel Sturridge dans le XI de départ, Liverpool aurait sans aucun doute posé plus de problèmes à Manchester United qui n’a pas volé son succès. Robin van Persie est définitivement un monstre en attaque, il lui suffit de 30 centimètres de plus pour s’illustrer et il l’a prouvé en prenant le meilleur de Daniel Agger pour marquer contre un Pepe Reina qui désormais se trouve sous la menace d’un Brad Jones, qui monte en puissance.
Bref, contre Manchester United, Brendan Rodgers n’a pas donné à Liverpool toutes ses chances. Sinon, le résultat aurait pu être tout autre !