C’est l’un des deux derniers trains de passagers qui circulent encore à Madagascar. Il part de Manakara, village côtier du sud-est, à Fianaratsoa, capitale du Betsileo. Coupant à travers les montagnes, la forêt, au bord des précipices et des rizières, il reste le seul lien qui relie une vingtaine de villages répartis sur quelque 200 kilomètres. Depuis 1926 la survie de ces populations dépend de ses passages. À bord, comme à l’approche des 17 gares, tout un rituel se met en place quand il arrive. 18 heures pour faire la traversée au lieu des 6 heures prévues, le voyage a tenu ses promesses en termes de découvertes et d’imprévus.
D’un grand coup de klaxon la locomotive répond aux trois coups de sifflets répétés du contrôleur du dernier wagon. C’est le signal du départ. Passagers et marchandises sont à bord, il est sept heures pile quand le train se met lentement en marche. De l’autre côté, alors que Manakara s’éveille, les marchands de thé et de gâteaux venus pour les passagers remballent leurs affaires pendant que les employés du chemin de fer ferment les portes de la gare et la caisse ouvertes une heure auparavant. Une cinquantaine de tickets ont été vendus ce matin à 15 000 Ariary (approximativement Rs 210) pour la deuxième classe et 25 000 Ariary (approximativement Rs 350) la première. Sauf que…