Dans sa lettre pastorale 2016 «Demander et chercher avec persistance» le Très Révérend Ian Ernest offre des pistes de réflexion qui pourraient alimenter et soutenir la vie de prière du chrétien. « Prier est une aventure avec Dieu qui dure toute une vie. Bien que cette aventure spirituelle nous appartienne et que personne ne puisse le faire à notre place, il est important de prendre conscience que nous ferons la route avec le meilleur des guides, Jésus-Christ lui-même. Il a promis d’être toujours avec nous, et ce jusqu’à la fln des temps. (Matthieu 28.20) ».
Et de poursuivre: « Il serait bon maintenant comme un individu ou comme une entité communautaire de rechercher à mieux nous connaître afin que nous puissions être éveillés spirituellement et choisir ce qui pourrait soutenir notre démarche. La tradition anglicane propose plusieurs modèles qui pourraient encadrer notre vie de prières, mais nous pouvons aussi rechercher d’autres écoles de prières qui viennent de traditions chrétiennes différentes. Nous pourrons ainsi nous enrichir de l’expérience des autres et être encouragés à continuer cette aventure exaltante mais combien tortuous. »
L’évêque de Maurice fait cette réflexion pertinente sur les éléments qui font obstacle à une vie religieuse enrichissante: «Beaucoup de personnes cherchent les moyens d’approfondir leur relation avec Dieu afin qu’elles puissent mettre en pratique leur foi dans la vie de tous les jours. Certaines vont en retraite comme ce serait le cas en ce temps de Carême mais sont ensuite découragées car elles ne peuvent intégrer cette expérience dans la vie du monde d’aujourd’hui.
Cette relation avec Dieu que nous voulons entretenir doit être de tous les instants si nous désirons qu’elle porte des fruits qui rendent notre vie harmonieuse de même que celle de notre entourage. Il est un fait de nos jours que la vie religieuse est reléguée au domaine du privé et est souvent perçue comme un intrus dans les autres aspects de l’existence d’une société qui clame une autre philosophie de vie. Celle-ci semble la pénétrer facilement et ose aussi l’influencer. Le monde d’aujourd’hui se voit, donc, devant une proposition agressive de certaines valeurs qui lui sont totalement étrangères. Le bonheur est tout simplement réduit à une consommation excessive de produits parfois non essentiels, à une jouissance éphémère et immédiate de nos rêves d’enfants et à une course effrénée vers le succès et le pouvoir. Cette philosophie vient créer une compétition qui marginalise les plus vulnérables et les personnes les plus honnêtes. Tout ceci va à l’encontre des principes de diligence, de patience, de persévérance, de partage et de solidarité qui sont étroitement liés à un développement humanisant.»
Après un préambule sur la nécessité d’agir avec réflexion, sur la manière de nourrir cette réflexion et accomplir sa tâche comme instruments de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, et la manière de s’approprier de cette mission par la prière, le prélat aborde le Mandement de Carême en proposant des pistes autour de «La vie de prière de Jésus», «Jésus dit: Je suis le pain de vie», «Je suis le bon berger», «Je suis la lumière du monde» et «Je suis la résurrection et la vie.»