Plus de quatre ans après une manifestation en solidarité des ex-planteurs de Riche-Terre qui réclamaient une compensation du gouvernement, quatre activistes qui avaient soutenu ce mouvement, Salim Muthy, Eddy Sadien, Marie Aurela Édouard et Marie Casimir, se retrouve face à un procès pour rassemblement illégal. L’affaire démarrera en Cour correctionnelle de Port-Louis le 25 novembre. Il leur est reproché d’avoir tenu un rassemblement illégal devant le bâtiment NPF qui abritait le bureau du ministre de l’Agro-industrie d’alors, Satish Faugoo.
Salim Muthy, Eddy Sadien, Marie Aurela Édouard et Marie Casimir avaient été arrêtés à la suite d’une manifestation le 4 mars 2010 devant le bâtiment Renganaden Seeneevassen à Port-Louis. En solidarité au mouvement des ex-planteurs de Riche-Terre, les quatre activistes munis de pancartes avaient voulu rencontrer le ministre de l’agro-industrie d’alors. Ils s’étaient élevés contre le projet Jin-Fei et le relogement des anciens planteurs. La police les avait arrêtés pour avoir tenu un rassemblement sans avoir obtenu l’autorisation du Commissaire de police. Ils devront faire face à leur procès le 25 novembre.
Vingt-deux ex-planteurs de Riche-Terre s’étaient lancés le 22 février 2010 dans un combat en vue d’obtenir ce qu’ils estiment être leur droit après qu’ils eurent été délogés de leur terrain à Riche-Terre en 2007. Ce combat avait été soutenu par trois grèves de la faim en un an et l’institution d’un Fact Finding Committee qui a finalement débouché sur un accord que les planteurs avaient accepté.
Se basant sur les recommandations du rapport Noël/Ramkissoon, deux commissaires que l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam avait nommés pour faire lumière sur cette affaire, les 22 planteurs ont été catégorisés en deux groupes distincts. Le gouvernement avait proposé à 13 d’entre eux une compensation de Rs 120 000, avec intérêts, et un terrain, ou, s’ils refusaient le terrain, Rs 276 760 à la place. Les neuf autres planteurs avaient reçu une compensation de Rs 120 000 avec intérêts.
C’est dans le cadre du projet Jin-Fei que le gouvernement avait identifié en 2007 des terrains à Riche-Terre, certains loués à bail à plusieurs planteurs. Le gouvernement avait alors émis un ordre d’éviction assorti d’une compensation de Rs 120 000 par arpent, accompagné d’un arpent de terre à bail à Arsenal ou à Bois-Marchand. Sur les 53 planteurs de légumes qui exploitaient les terrains agricoles à Riche-Terre, seuls 30 ont accepté la compensation de Rs 120 000. Depuis 2007, les 23 planteurs de légumes se battent pour une compensation.