Six membres du Regrupma Travayer Sosyal avaient été embarqués par la police le 19 décembre dernier alors qu’ils manifestaient devant le bureau du Commissaire électoral. Estimant qu’ils ont été victimes d’arrestation arbitraire et que la police les a maltraités, quatre d’entre eux réclament chacun Rs 125 000 à l’État, dans une plainte logée en Cour la semaine dernière. Ils ont retenu les services de Me Reza Uteem.
Six membres du Regrupma Travayer Sosyal (RTS) avaient été arrêtés par la police, sous l’instruction d’un inspecteur de police le 19 décembre, alors qu’ils manifestaient devant le bureau du Commissaire électoral. Le Dr Rajah Mahadewoo, Eddy Sadien, Eshand Madar, Manog Boojhawon, Yassin Buglow et Sivalatee Coopan avaient été conduits au poste de police. Ils ont été libérés une heure après.
Au Mauricien, Eddy Sadien explique que ce jour-là les policiers se sont comportés de façon brutale avec eux, insistant qu’ils n’allaient pas pouvoir manifester. Dès le début, soutient-il, « la police avait commencé à nous intimider et nos pancartes ont même été arrachées ».
Après leurs arrestations, le RTS avait écrit au Commissaire de police pour lui faire part de la situation. Une semaine après, ils ont pu manifester de nouveau, mais cette fois, dans de meilleures conditions.
Dans leur plainte logée en cour, quatre des manifestants, en l’occurrence le Dr Rajah Madhewoo, Eddy Sadien, Sivalatee Coopen et Bhagruti Banymandhub, expliquent comment leurs droits fondamentaux ont été bafoués le jour de l’arrestation. La police leur aurait fait comprendre de manière brutale qu’ils n’avaient pas le droit de manifester. Ils auraient même été privés du droit d’utiliser leur téléphone portable afin de contacter leur homme de loi. Elles réclament ainsi à l’État des dommages moraux de Rs 125 000 chacune. Si Eddy Sadien admet que selon la Public Gathering Act, l’autorisation du Commissaire de Police est requise avant de tenir une manifestation, cela, soutient-il, ne s’applique toutefois que pour les manifestations de plus de 11 personnes, alors qu’ils n’étaient que six personnes le jour en question.
À noter que le Regrupma Travayer Sosyal dénonçait les  ce qu’il estime être des bribes électoraux dans certaines régions du pays et avait alors décider de tenir cette manifestation afin que le Commissaire électoral rappelle certains ministres à l’ordre. « Lapolis bizin prosed a larestasyon tou dimoun ki finn rod blok bon deroulman eleksyon ek met lavi bann Morisyen en danze », estimaient les manifestants.
Le RTS est d’avis que la Commission électorale doit intervenir lors des prochaines élections qui devraient se tenir en 2015 pour que celles-ci se déroulent dans de meilleures conditions.