Avinash Luximon, père de trois enfants âgés entre huit et 11 ans, a manifesté hier, accompagné de ses proches, devant l’hôtel du gouvernement. Il estime avoir été victime de brutalité policière chez lui à Gabi Lane, Quatre-Bornes, en avril 2016. Il a bénéficié du soutien de deux membres du Regrupma Travayer Sosyal, le Dr Rajah Madhewoo et Eddy Sadien pour cette manifestation.
Avinash Luximon allègue qu’il n’était pas impliqué dans le cas où il était accusé. « Agresseur finn vinn viktim e viktim finn vinn agresseurs. Se zist parki mo enn rasta », a-t-il déclaré au Mauricien hier matin.
Dans une lettre adressée au commissaire de police, Mario Nobin, ce 27 juillet, Avinash Luximon écrit « In a nutshell Avinash and family have been attacked and certains statements at Quatre-Bornes police have disappeared. The victim have been made into aggressors, and the aggressors are walking free. The Luximon family being of Rasta denomination has been undermined and suffered through the police administration ».
Très inquiet pour la sécurité de sa famille, Avinash Luximon, accompagné de sa femme, s’est en maintes occasions rendu au domicile de sir Anerood Jugnauth à Vacoas pour lui expliquer le calvaire que ses parents et ses enfants ont subi dans la soirée du 21 août 2016. Devant son insistance, le ministre Mentor a fini par recevoir le couple Luximon dans son bureau à Port-Louis le 6 mars 2017. « Il m’a bien accueilli. Je lui ai raconté qu’environ une quinzaine de personnes encagoulées et armées de sabres, qui avaient raté leur cible, étaient venues chez moi. Ces hommes avaient agressé mon père, ma mère, mes enfants et ont fait des attouchements sur ma femme. Je lui ai montré des photos de ma maison et là où j’avais reçu des coups de sabre. Il m’avait dit “Ou lakaz finn kraze. Ou bizin al lakour sa”. Il avait ensuite demandé à un haut cadre d’appeler aux Casernes centrales pour référer mon cas. Arrivé là-bas, j’ai pris contact avec un officier de police et rien depuis. Si SAJ n’a rien pu faire pour faire bouger les choses, qui dois-je contacter d’autre ? » se demande-t-il.
Eddy Sadien et le Dr Madhewoo veulent à tout prix que justice soit rendue dans cette affaire. Ils ont envoyé une lettre au bureau de l’Ombudsman le 11 avril au nom d’Avinash Luximon pour raconter dans les moindres détails ce qu’aurait vécu ce dernier entre les mains de ses agresseurs et son calvaire lorsqu’il s’était rendu au poste de police de Quatre-Bornes pour consigner sa déposition. Ils écrivent : « On 23rd of August 2016 round 10 pm, Avinash Luximon was in the bathroom, and his wife saw a van parking and a number of people stepped out, most of them wearing balaclava, and they were also armed with saber which they were brandishing. They said “Akot sa Rasta la. Zordi nou pou touy li”. He was heavily handled, beaten and starting using their weapon on him and destroying his belongings. They said they are going to kill him in front of his family. He managed to slip away from them and went through the window to the house top. Soon, he got down, a few of the thugs started beating him again and he was cut also. During this attack one of them shouted “Eh kit li boure pa li sa ? finn rat lakaz”. They had handled his wife inappropriately and his kids were traumatized with sabers and knives under their throat. On hearing “Eh kit li boure pa li sa”, they all turn away ».
Alertée par ses voisins, la police était arrivée sur place une vingtaine de minutes après. « Kifer pa ankor aret bann agreser ziska zordi. Zot finn aret mwa e mo finn bizin pey kosion pou sorti dan prizon, eski ena de kalite la zistis dan Moris ? » s’est demandé Avinash Luximon après la manifestation d’hier devant le Parlement avec les membres de sa famille.
Avinash Luximon déplore également l’attitude de certains officiers de la Child Development Unit (CDU) qui n’ont pas fait le suivi de ses trois enfants qui sont toujours traumatisés par cet incident. « Zot gagn per pou rest dan lakaz », dit-il.
Eddy Sadien et le Dr Rajah Madhewoo du Regrupma Travayer Sosyal suivent de très cette affaire et se disent révoltés de la lenteur administrative de certaines institutions à Maurice qui sont censées rendre justice aux citoyens en toute impartialité. Eddy Sadien explique : « Tou dimounn bizin la polis. Ki li enn vagabon, li enn prostitue, li enn rasta, li bizin gagn mem tretman. La façon de faire de la police dans sa case la, li pa korek. Se pourquoi finn ena la perception qui ena de pwa de mezir. Bizin ki la verite trionfe dan case la. C’est une grave injustice. Je suis parfaitement d’accord avec le médecin légiste Satish Boolell qui a dit dans une déclaration à la presse que “les institutions râlent à Maurice”, c’est bien vrai ». Eddy Sadien trouve dangereux le comportement des gangs à Maurice, qui souvent essayent de prendre la justice entre leurs mains pour régler des conflits. « Les autorités doivent assumer leurs responsabilités », insiste-t-il.
Interrogée, une source aux Casernes centrales a laissé entendre au Mauricien que l’affaire a été référée au Directeur des Poursuites Publiques (DPP).