AICHAH SOOGREE De MADRID

C’est avec une grande déception que je constate la manière de procéder des Nations unies après la violence dont a usé la sécurité de cette organisation, et que je note les mensonges que le Secrétariat a proférés en présence des manifestants après un mouvement de protestation dans le Hall 10 devant Baker, au COP 25 à Madrid. Nous étions plus de 300 personnes de plusieurs pays et mouvements à nous réunir devant Baker mercredi, peu après 14h, pour protester contre des pourparlers qui excluent les populations indigènes, les femmes et les peuples des États les plus vulnérables.

Aussitôt rassemblés pour protester par le biais de chants, les manifestants ont vu la sécurité onusienne passer à l’action. Celle-ci s’est jetée sur des femmes, tirant sur les bannières en tissus, isolant et empêchant même Louise Masson, l’une des activistes de plus petite taille d’entre nous, de circuler. Pour sa part, une amie kenyane a été malmenée par un homme en noir de cette même sécurité onusienne ; Wongui, ambassadrice de paix œuvrant pour la transmission des valeurs dans son pays, a exigé des excuses d’un membre de la sécurité – qu’elle n’a jamais reçues.

Nous avons ensuite été trimballés, contraints vers la sortie pour voir la porte se refermer derrière nous. La police espagnole a ensuite pris le relais avec une armada d’armes en guise de dissuasion. Il s’agit d’une blague de mauvais goût quand on sait que chacun d’entre nous passe par la sécurité le matin avant d’intégrer cet espace. Ce même espace qui a empêché des représentants du peuple chilien de s’exprimer, tenant compte du fait que certains financements à la COP 25 découlent également de certains gros pollueurs…

Si l’adolescente Greta Thunberg sait qu’il faut cesser d’extraire les énergies fossiles et ce, en s’appuyant sur des rapports scientifiques, qu’attendent les pollueurs du Nord?

Le Secrétariat nous a poussés, nous les gens de la société civile hors de la COP 25, sous escorte policière, disant que nous pourrons accéder de nouveau à l’espace pour récupérer nos affaires personnelles. Dix minutes plus tard, à marcher dans le froid glacial, et les manifestants ont subi un refus de la part de la police d’accéder au bâtiment Ifema et à un moment, même à la station de métro la plus proche. Le secrétariat des Nations unies n’a aucune parole ; peut-on alors espérer quelque chose de positif pour la planète Terre?

Shame on you, United Nations !

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