Intervenant samedi à Rose-Hill lors de la manifestation de la Platform kont lalwa anti-travayer, Jack Bizlall a situé les manifestations publiques contre l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act dans le cadre d’une bataille plus grande contre les accapareurs de nos biens, de droits et de nos acquis. Une bonne foule a répondu à l’appel de la Platforme à manifester et a traversé les rues de Rose-Hill en scandant des slogans contre le gouvernement.
« Le plus gros problème de Maurice aujourd’hui, c’est l’accaparement ! », a lancé Jack Bizlall à la foule massée à la Place Raymond Chasle, à côté du bureau de poste de Rose-Hill. Accaparer s’est prendre pour soi et à son seul profit quelque chose qui n’est pas à soi.
« Problem zordi, seki ena dimoun ki oule akapar nou later, nou laplaz, nou drwa travay, nou bann aki dan travay ki finn pran de zane de lut pou gagne. Pena enn landrwa, enn domenn ki zot pa oule akapare pou zot profi ! », s’est indigné le syndicaliste.
Selon Jack Bizlall, les travailleurs du pays ont le devoir de s’organiser pour empêcher des accapareurs de voler leurs acquis. « Sa bann drwa travay ki nou ena-la zordi, se leritaz nou bann grand dimoun, ki finn lite, ki finn vers zot laswer ek zot disan pou gagne ; nou ena le devwar lite pou ki anpes sa bann akaparer-la kokin seki nous revient de droit de droit. La vraie bataille c’est contre ces accapareurs ! », a-t-il insisté. « Na pa les sertin patron akapar bann drwa bann travayer ; bann drwa ki travayer finn lager pandan de zane pou gagne ! », a-t-il ajouté. « Se nou bann zanfan ki pou perdi zot drwa a laliberte si nou res trankil ! », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, Jack Bizlall a appelé à une intensification de la lutte contre l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) qui, selon lui, constituent une menace pour l’existence des syndicats et pour les droits des travailleurs. « Sel kriter enn bon lalwa travay, seki li bizin protez travayer e non kraz travayer ek sindika », a-t-il fait observer.
Le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, a pour sa part avancé les raisons pour lesquelles il faut rejeter les deux nouvelles lois du travail. D’abord ceux qui travaillent sur un Shift System, auront à travailler 12 heures par jour et à faire 4 nuits consécutives. Ensuite, un groupe de travailleurs non-syndiqués peuvent négocier et signer un accord collectif, ce qui constitue une menace contre l’existence des syndicats, selon lui. Et s’est le ministre qui en fin de compte décide si une grève est légale ou pas. « An fe, zot pe tir tou drwa ki travayer ena ek zot pe dekapit sindika », s’est-il écrié.
La présidente de la CTSP, Jane Ragoo, qui affirmait intervenir en tant que mère de famille, a parlé du traitement « inacceptable » infligé à la petite Annah dans une école de Port-Louis, de la grève de la faim de Jeff Lingaya et des cas de persécution contre les femmes sur leur lieu de travail. « An tan ki mama, mo leker fer mal ! », a-t-elle lancé.
Venoo Ramsamy, parlant au nom de la Federation of Progressive Unions (FPU), a expliqué que ces deux lois du travail « symbolisent l’esclavage moderne ». « Le 1er fevrie nou komemor labolisyon lesklavaz, le 2 gouvernman fer Moris rant dan lesklavaz modern ! », s’est-il écrié.
Atma Shanto, de la Fédération des travailleurs unis (FTU), a retracé l’historique de la lutte des syndicats contre l’ERiA et l’EReA. Il a déploré que plus de 20 000 travailleurs ont perdu leur emploi depuis la promulgation de ces deux lois en février 2009.
René Lafont, qui parlait au nom du syndicat du secteur de la construction, s’en est pris pour sa part au ministre Shakeel Mohamed, qui a refusé d’étendre un accord signé entre son syndicat et la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA) à l’ensemble des travailleurs du secteur de la construction pour une augmentation de salaire générale de 15 %.
Les manifestants ont ensuite traversé Rose-Hill en brandissant banderoles et drapeaux et scandant des slogans contre l’ERiA et l’EReA et contre le gouvernement.