La Casino Employees Union (CEU) a tenu une manifestation dans la cour de l’Hôtel de Ville à Curepipe ce matin. Le syndicat et les employés de différents casinos revendiquent leur sécurité d’emploi et leur bonus du 14e mois, qu’ils attendent en vain depuis février. Une marche de protestation a été entreprise dans les rues de Curepipe jusqu’au Casino de Maurice, dans le bâtiment du Lakepoint. Lors de cette manifestation, l’intervention du syndicaliste Jack Bizlall a été interrompue par la police, celle-ci refusant que les manifestants utilisent des haut-parleurs dans la cour de la municipalité.
« Les droits des employés des casinos de Maurice ont été bafoués par la State Investment Corporation (SIC). » C’est ce qui est ressorti de cette action syndicale de la CEU à la mi-journée. La cour de la municipalité de Curepipe a accueilli environ 300 personnes. « Un sentiment de frustration et de colère habite les employés des casinos depuis qu’ils attendent leur “bonus de présence et de bonne conduite”. Et cela dure depuis environ trois mois », déclare Eddy Benoit, président de ce syndicat. Il avance que suite à « cette forme de négligence de la part des directeurs de casinos », ces employés n’ont eu d’autre solution que de tenir cette marche de protestation. « Sa bann dimoun-la pa bann parasit, me bann travayer sakrifye ki ena drwa a zot du. » Le syndicat compte à cet effet faire appel à la Commission of Conciliation and Mediation, où le cas a été déposé hier. « Nous voulons dénoncer la mauvaise foi de la SIC et du gouvernement. »
Ivor Tan Yan, négociateur de la Federation of Progressive Unions (FPU) – à laquelle est affiliée la CEU –, a soutenu que si les directeurs refusent de coopérer, le cas sera par la suite déposé devant la Cour industrielle. Ce dernier déplore la « tentative de manipulation d’opinion » par le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo et le Chief Executive Officer Raja Pillay, qui auraient « dénigré le travail fourni par les employés des casinos en associant cela à “enn nasyon zougader” ». La SIC aurait également une part de responsabilité dans la situation actuelle de ces employés. « Ces personnes de la SIC pensent qu’il est correct d’engager un directeur étranger pour gérer les casinos et débourser une fortune pour son salaire alors que les employés ne peuvent, eux, pas recevoir leur 14e mois. Cet argent leur est dû du fait de leur bonne conduite sur leur lieu de travail. »
La CEU avance que la SIC tente toujours de trouver « une excuse » pour ne pas payer les employés. « Malgré le comportement inadmissible du management, nous saluons cependant la discipline et le sérieux des employés, qui ne se sont pas laissés faire par le harcèlement infligé par leurs supérieurs », ajoute Ivor Tan Yan, qui dit ne pas hésiter à aller encore plus loin dans les actions syndicales si le Premier ministre et le ministre des Finances ne fléchissent pas. Le vice-président de ce syndicat, Rajen Gopaul, fait pour sa part appel à Vishnu Lutchmeenaraidoo pour que soit initiée une enquête interne. « Si sitiasyon kasino deplorab, se pa fot travayer me plito fot bann manager. » Relevant que la SIC a investi récemment dans la compagnie Star Knitwear, il se demande comment la SIC ne peut payer ces employés « alors qu’ils ont assez d’argent pour investir ailleurs ». Selon Rajen Gopaul, une réunion aurait eu lieu matin au niveau des directeurs de casino pour prendre les noms des manifestants, « avec des menaces de représailles ».