Les animateurs du Forum des Citoyens Libres se sont félicités ce matin de l’octroi d’une injonction intérimaire par l’Environment and Land Use Appeal Tribunal, interdisant au groupe Currimjee Jeewanjee de poursuivre les travaux de construction du Chaland Resort Hotel à La Cambuse. Par ailleurs, les contestataires de la coalition civile Aret Kokin Nu Laplaz sont descendus ce midi dans les rues de Port-Louis pour réclamer une politique touristique nationale « plus responsable et durable » du gouvernement Lepep.
« La décision de l’Environment and Land Use Appeal Tribunal d’interdire au groupe Currimjee Jeewanjee de poursuivre les travaux de construction du Chaland Resort Hotel à La Cambuse, en attendant de donner demain ses raisons pour lesquelles cette injonction/interdiction intérimaire ne devrait devenir permanente, ne peut que nous réjouir. En effet, dans sa sagesse, le tribunal a estimé qu’ “in view of the potentially irreversible impact” que ce projet hôtelier pourrait avoir sur l’environnement, il valait mieux que les travaux de construction ne se poursuivent pas », a déclaré le principal animateur du Forum des citoyens libres (FCL) à midi au Centre social Marie Reine de la Paix.
La vice-présidente du tribunal, J. Ramul-Jhowry, a émis hier cette injonction intérimaire contre le groupe Currimjee Jeewanjee suite à un affidavit soumis le 20 novembre dernier au tribunal par Georges Ah-Yan, du FCL, et Bruno Savrimootoo, du Mouvement Vag Divan Borlamer, conjointement. Elle a ordonné aux défendeurs (Le Chaland Hotel Limited du groupe Currimjee Jeewanjee) de se présenter demain, jeudi 26 novembre, à 11 h 30, pour expliquer pourquoi une telle injonction ne devrait pas être rendue permanente.
« Dans notre affidavit, nous avons démontré, entre autres, comment les villages avoisinants courraient un sérieux risque d’inondation du fait que cette construction va obstruer l’écoulement naturel des eaux de ruissellement vers la plage de La Cambuse ; comment la construction sur les dunes va impacter les écosystèmes marins et comment plus de 250 000 villageois du Sud vont être privés de la jouissance d’une plage publique très fréquentée », a expliqué Georges Ah-Yan.
« Nous sommes pour un projet comme celui que présente le groupe Currimjee. Mais sous deux conditions : d’abord le respect des droits des citoyens Mauriciens à une plage publique et ensuite le respect de l’environnement », a précisé le porte-parole du FCL.
Georges Ah-Yan a exprimé sa volonté de poursuivre sa campagne de mobilisation à travers des rassemblements dans les villages du Sud. « E nou pou veye ki pena okenn travo lor La Cambuse, ziska ki la zistis deside ki pou fer », a-t-il insisté. Dans ce contexte, il affirme que le FCL fera pression sur la police pour que l’ordre de la Cour soit respecté. « La polis so travay-sa ».
Marche dans la capitale
Au même moment, soit à l’heure du déjeuner, les contestataires de la coalition civile Aret Kokin Nu Laplaz sont descendus dans les rues de Port-Louis pour exhorter les Mauriciens à défendre « leurs patrimoines historiques ». « La lutte du FCL et la nôtre sont une seule et même lutte. Nous sommes contents de cette injonction. Cela démontre que devant la justice nous sommes tous égaux et que la force de l’argent ne sert pas à grand-chose », a affirmé le porte-parole de la coalition AKNL, Yan Hookoomsing.
« Nous exhortons les Mauriciens à l’heure du déjeuner à se joindre à nous, car la défense du patrimoine ne peut être l’affaire d’un groupe. C’est l’affaire de tous les Mauriciens et il est de notre devoir de passer aux générations futures, à nos enfants et nos petits-enfants ce que nous avons hérité des générations passées, sans les dégrader », a-t-il expliqué.
La coaliton AKNL milite pour un « tourism shift », une nouvelle politique touristique responsable et durable. « L’Alliance Lepep avait promis dans son manifeste électoral un développement respectueux de l’environnement. Nous lui rappelons sa promesse ».
Les marcheurs ont ensuite remis une pétition dans ce sens au ministère de l’Environnement, au ministère du Tourisme et au Bureau du Premier ministre. « Nous réclamons également une enquête sur les circonstances dans lesquelles des “Defence Land” à La Cambuse ont été remises à certains particuliers sous l’ancien régime Ramgoolam », a martelé Yan Hookoomsing.