Malgré la présence de plusieurs têtes d’affiche de la musique locale, le coeur n’était pas à la fête dans les rues de la capitale vendredi. D’ailleurs, certains artistes avaient la bouche bâillonnée d’un bandeau noir en signe de protestation. Pour cause : l’heure est grave. Il est temps que les artistes soient respectés. Ainsi, c’est une grande foule composée de chanteurs, musiciens, producteurs, acteurs et d’autres manifestants, qui a marché pour faire respecter leurs droits. Une manifestation qui a aussi vu la participation de politiciens du gouvernement comme de l’opposition parmis lesquels le ministre des Arts et de la culture, ainsi que le leader de l’opposition Paul Bérenger. La détermination qu’affi che la communauté des artistes pour le respect de ses droits est désormais claire. Reste à savoir quelle suite sera donnée à leur cause.
Un cri particulièrement audible a été lancé par les artistes regroupés au sein du Kolektif Artis Morisien vendredi qui ont organisé cette manifestation qui a culminé au Jardin de la compagnie pour clamer leurs droits à la reconnaissance de leurs oeuvres et de leur gagne-pain. « En marchant contre le piratage aujourd’hui, nous ouvrons aussi la voie pour un réveil de l’industrie de l’art à Maurice. Nous demandons aux ministres et députés de travailler pour trouver des solutions aux problèmes qui affectent cette industrie », dit Bruno Raya, meneur de la troupe dans les rues de la capitale. C’est dans cette optique que lors de cette marche pacifique, les artistes ont fait des arrêts à des endroits stratégiques pour émettre leurs revendications, en l’occurrence devant la Cour suprême et la Cour intermédiaire, où ils ont réclamé justice pour ceux qui ont été Malgré la présence de plusieurs têtes d’affi che de la musique locale, le coeur n’était pas à la fête dans les rues de la capitale vendredi. D’ailleurs, certains artistes avaient la bouche bâillonnée d’un bandeau noir en signe de protestation. Pour cause : l’heure est grave. Il est temps que les artistes soient respectés. Ainsi, c’est une grande foule composée de chanteurs, musiciens, producteurs, acteurs et d’autres manifestants, qui a marché pour faire respecter leurs droits. Une manifestation qui a aussi vu la participation de politiciens du gouvernement comme de l’opposition parmis lesquels le ministre des Arts et de la culture, ainsi que le leader de l’opposition Paul Bérenger. La détermination qu’affi che la communauté des artistes pour le respect de ses droits est désormais claire. Reste à savoir quelle suite sera donnée à leur cause. « victimes de brutalités policières » le 30 décembre dernier. Ils ont également émis le souhait devant le ministère des Arts et de la Culture d’une politique pour l’encadrement des artistes, souhaitant, devant le Théâtre de Port-Louis et le Musée de la Photographie « le réveil de l’industrie de l’art » à Maurice. Aux abords de l’Assemblée nationale, le souhait a été formulé que les députés du gouvernement et de l’opposition trouvent une solution contre le piratage et que les artistes puissent vivre de leur art.
La Copyright Act, un dossier prioritaire
A la fin de cette marche qui a réuni tous les manifestants au Jardin de la Compagnie, les victimes de brutalité policière ont témoigné de leurs péripéties le 30 décembre dernier lorsqu’ils ont tenté de revendiquer leurs droits auprès des marchands pirates. Jean Jacques Arjoon, qui a retracé l’histoire de la culture et de la musique à Maurice, a alors dressé une liste de revendications que le Kolektif Artis Morisien espère voir se concrétiser. Pour le respect des droits des artistes, la communauté souhaite la mise en place le plus vite possible d’un cadre légal qui attestera de la contribution des artistes en tant qu’acteurs de l’économie. Outre la Copyright Act que les artistes souhaitent voir fi gurer parmi les dossiers prioritaires à la rentrée parlementaire, parmi les revendications, ils réclament également la mise sur pied d’un National Arts Council indépendant du ministère de tutelle, et sans nominé politique à sa tête. Les artistes espèrent également être plus impliqués dans les applications de nouveaux tarifs pour la diffusion de la musique locale et une meilleure collaboration des fournisseurs de service internet pour la diversité culturelle.
Un High Powered Committee institué
Le ministre des Arts et de la Culture, Santaran Baboo, qui a rejoint le mouvement en cour de route, a indiqué à la presse que « le problème des artistes n’est pas nouveau et que nous sommes là pour les aider ». Il soutient qu’«il y a beaucoup de travail qui se fait déjà pour améliorer leur situation » et annonce que « nous avons en ce moment la visite de deux experts de la World Intellectual Property Organisation. La priorité est de revoir complètement la Copyright Act 2014, qui fait beaucoup de tort aux artistes ». Et à l’issue du Conseil des ministres de vendredi, le cabinet a avalisé la mise sur pied d’un High Powered Committee réclamé par les artistes. Ce comité qui aura pour tâche de travailler sur les amendements à la Copyright Act sera présidé par l’Assistant Solicitor General et oeuvrera à sauvegarder les intérêts des artistes et à étudier les propositions des stakeholders.
Comme le témoigne le nombre de manifestants aux côtés des artistes vendredi dans la capitale, les Mauriciens ont été sensibles à l’appel de la communauté artistique. Mais tout n’est pas pour autant gagné dans la lutte. Après l’offensive lancée ces dernières semaines, la solidarité et la compréhension du public sont toujours espérées, alors que les artistes semblent être à un point de désespoir. «Seki hasté aussi coupable ki seki vendé», rappellent les artistes qui espèrent un sursaut de la population face à leur sort. Ce qui est sûr, c’est que la manifestation de vendredi aura toutefois indiqué un réveil de la communauté artistique et enfi n une réaction des autorités. Tandis que des appels ont été lancés pendant des dizaine d’années, la présence des politiciens de tous bords politiques aux côtés des chanteurs et musiciens apporte un espoir dans la lutte contre le piratage.