Ils n’ont pas digéré le rapport de Suresh Seebaluck et avaient promis de se faire entendre dans les rues de Port-Louis. Plusieurs syndicats représentant des enseignants, maîtres d’école, assistants maîtres d’école, respectivement, ont effectivement manifesté leur colère et déception, hier matin. Ils ont aussi prévenu: la manifestation n’est autre qu’un premier avertissement! Si leur mécontentement perdure, ils sont prêts à envisager d’autres recours qui pourraient paralyser les classes! S’ils en veulent au rapport Seebaluck, c’est parce qu’ils considèrent que celui-ci (rédigé après qu’un comité présidé par ce dernier ait été institué pour examiner le rapport Errors, Omissions and Anomalies du Pay Research Bureau du comité Manraj) a omis l’alignement de leur salaire sur celui des enseignants du secondaire.
Les enseignants  ont répondu massivement à l’appel de protestation. À 10h30, ils étaient 2,500 (selon le registre de la Government Teachers’ Union) avant que cette foule ne prenne plus d’ampleur. Il faut dire que la question de l’alignement salarial est perçu comme une injustice par la profession. Reconnus comme Educators, au même titre que leurs collègues du secondaire, et détenteurs du même diplôme, près de 6,000 enseignants ont été laissés sur la touche par le rapport Seebaluck. Ils auraient dû, comme le préconise le rapport Manraj, percevoir le même salaire. Cette décision a privilégié tous les enseignants du primaire qui ont décroché leur Teacher’s Diploma en 2008. Ceux qui détiennent leur diplôme depuis 2005, 2006 et 2007 n’en sont pas concernés.
« C’est une injustice », ont-il scandé, hier. « Nous faisons le même travail que les enseignants du secondaire, leurs élèves ont été les nôtres! Nous sommes ceux qui formons d’abord tous les professionnels du pays, qu’ils soit ministres, Premier ministre ou président de la République. Nous avons les mêmes qualifications que les enseignants du secondaire. Qu’on nous donne le même salaire! », réclamaient-ils. 
Avant de prendre la tête de la manifestation, Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union (GTU), a rappelé aux enseignants, massés au centre social Marie Reine de la Paix,  que des consultations avaient eu lieu avec plusieurs parties au plus haut niveau avant la publication du rapport Aujayeb: « Me kan rapor sorti an 2012, zero! »  Et de poursuivre: « Manraj était une bénédiction tombée du ciel pour les enseignants! Mercredi dernier, il m’a téléphoné et m’a affirmé qu’il avait demandé l’alignement salarial pour tous! Le ministre Vasant Bunwaree est à 1000% avec nous. Si le ministre, les syndicats et M. Manraj, qui n’est autre que le secrétaire financier, sont pour l’alignement salarial, quel est le problème? Ki fer pa donné? »
Dans son élan, Vinod Seegum, d’habitude plus critique envers le ministre de l’Éducation, a même rendu hommage à celui-ci. Les enseignants ont assuré qu’ils ne se contenteront pas de la marche d’hier. « C’est un premier avertissement! Toutes les options sont ouvertes. Nous pouvons envisager un go-slow, un lock-out ou un sit-in. Nou mari an koler! », a scandé Vinod Seegum. Toutefois, ce dernier s’est aussi dit en faveur d’un dialogue pour corriger l’injustice commise par le rapport Seebaluck.