Ce 20 mai 1975, une page de l’histoire de Maurice s’écrit. Une dizaine de milliers de collégiens ainsi que des étudiants de l’université de Maurice sont dans la rue. Leur but : marcher jusqu’à Port-Louis pour se rendre au Champ de Mars afin de contester le système éducatif de l’époque, qu’ils jugent inapproprié, et dénoncer les nombreux problèmes auxquels ils ont à faire face au sein de leurs établissements respectifs. Les policiers les attendent sur le pont de GRNW. Malgré la bastonnade, les jeunes feront bouger les choses. Ce jour-là aura été déterminant pour la suite. Quarante ans plus tard, nous refaisons la route en compagnie de quelques témoins et en plongeant dans les archives.
Ce mardi 20 mai, les écoles sont fermées, l’université également. Tôt le matin, beaucoup d’étudiants se réunissent devant leurs établissements respectifs avant de marcher en direction de la capitale. Ils déferlent avant tout vers Rose-Hill. Puis, se joignant aux autres, ils prennent l’ancienne route pour rallier Port-Louis. Brandissant des pancartes et scandant des slogans, ils entament la marche de contestation vers Port-Louis. Malenn Oodiah est présent : “Je vois des milliers d’étudiants en colère, scandant des slogans contre les injustices et les travers du système éducatif et social. Il y avait aussi une dimension de fête, avec une grande solidarité entre les manifestants. On partageait ce qu’on avait à manger et à boire. Je me souviens des images de la répression policière – gaz, matraques, de la riposte des manifestants et du sauve-qui-peut.”