Il n’y avait peut-être pas les 15 000 participants souhaités, mais les quelque 3 000 personnes présentes à Port-Louis hier, ont constituée une foule honorable. D’une réflexion virtuelle sur la situation qui prévaut dans le pays, un mouvement est né « lor koltar ». Un mouvement constitué pas uniquement de jeunes facebookers comme aurait pu s’y attendre certains, mais aussi, si ce n’est majoritairement de citoyens, hommes et femmes, qui rêvent d’une île Maurice meilleure. De citoyens anonymes, de syndicalistes, de travailleurs sociaux et autres mouvements qui n’ont eu besoin ni de bus gratuits, ni de briani pour répondre à l’appel du mouvement ‘Wanted 15 000 Younsters to save our future’. Un mouvement, comme l’ont rappelé ses initiateurs, a réussi hier à passer ce message percutant aux décideurs politiques : « Aret zwe are nou lavenir ». Et qui clame haut et fort son sens du patriotisme pour une île Maurice sans corruption, sans communalisme, sans division. Forts de ce premier rassemblement qui a été un succès pour les organisateurs, rendez-vous est déjà pris pour une nouvelle mobilisation dans un mois.
Si le mouvement de foule a été lent au point de rassemblement en début de matinée hier au centre Marie Reine de la Paix, à midi, un bon millier de participants s’étaient finalement rassemblés. Parmi les quelque rares jeunes en dessous de la vingtaine, une grosse majorité de la génération 25-35 ans, et également un nombre conséquent de quinquagénaires. Outre les syndicalistes et autres travailleurs sociaux, certains politiciens à la retraite, mais également certains émissaires (qui ne sont pas passés inaperçus) ont aussi fait le déplacement pour cette marche qui a quitté la Rue St Georges après que les cloches de l’église aient sonné midi.
« Glory to thee, Mother land, oh Mother land of mine… ». Quadricolore en mains, les participants à la manifestation ont plusieurs fois entonné l’hymne national pour souligner leur fierté d’être Mauriciens. Des Mauriciens qui revendiquent leurs droits à « enn meyer lil Moris ». Porte-voix en main, tour à tour les initiateurs de ce mouvement, en l’occurrence Nilen Vencadasamy, Jameel Peerally, Havish Gokool, Shimanda Mungur et Sandrine Casquette ont exhorté la foule à scander les différents slogans qui définissent les bases de ce mouvement « Non au communalisme », « Chances égales à tous ».
« Rouge, bleu, jaune, vert », ce sont là les couleurs du mauriciannisme qui ont brillé de leur force hier parmi la foule. Aux différents arrêts, notamment devant les institutions publiques et parapubliques, telles que les Casernes Centrales, Air Mauritius, la Banque de Maurice, la Mairie de Port-Louis ou la Cour Suprême, les manifestants ont insisté sur leur revendication pour une île Maurice sans corruption et avec une justice égale pour tous. « Voler, ti copain, magouiller : nou pa lé », criaient la foule, consciente que « mo pep, to racinn pe brillé », comme chantait Kaya.
La marche qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, a pris fin peu avant 14 heures devant la cathédrale St Louis. L’espoir d’une nouvelle île Maurice, meilleure, pouvait se lire dans les yeux des manifestants, jeunes et vieux, qui sont descendus dans les rues, avec leur coeur, pour dire aux décideurs politiques leur ras-le-bol d’une politique communale ou encore d’une politique gangrénée. « Are nou non » ont assuré les participants à cette marche qui n’est qu’un avant-goût des autres manifestations que prévoit déjà le mouvement. « Ce premier rassemblement marque un tournant dans l’histoire de notre pays », a fait ressortir Nilen Vencadasamy, en s’adressant brièvement à la foule devant la Cathédrale. « On disait que nous étions qu’un mouvement virtuel, et nous, nous avons démontré aujourd’hui que nou lor koltar », a-t-il souligné. « Les citoyens Mauriciens, ont démontré qu’ils pouvaient se mettre debout sur leurs pieds et clamer haut et fort ce qu’ils ont dans la tête et dans le coeur », a-t-il rapellé. Et d’ajouter que le message adressé à travers cette première manifestation était celui pour une nouvelle île Maurice, où règnera la justice, l’égalité des chances, la méritocratie et sans communalisme. Il a demandé ainsi à ceux présents de s’organiser en conséquence en rassemblant les Mauriciens dans les quatre coins de Maurice pour une nouvelle mobilisation prévue dans un mois.