Alors que le premier trimestre est largement entamé, ce n’est qu’à la mi-journée aujourd’hui que le ministère de l’Éducation a lancé un appel à candidatures pour les places vacantes en Lower VI dans ses collèges. Entre-temps de nombreux détenteurs de School Certificate du secondaire d’État se sont tournés vers les établissements privés. Les “supply teachers” (les temporaires) pour pallier le manque d’enseignants dans de nombreuses matières arrivent quant à eux au compte-gouttes dans les collèges concernés. Des parents mécontents commencent à se concerter. Du côté des recteurs, l’on attribue ces retards à une mauvaise gestion des responsables du ministère.
À mi-chemin déjà du premier trimestre scolaire et alors que les résultats de School Certificate (SC) sont connus depuis la fin de janvier, le ministère de l’Éducation songe enfin à remplir ses places disponibles au niveau du Lower VI. À la mi-journée aujourd’hui, il a émis un communiqué à ce sujet.
La Commission Education du MMM avait par ailleurs sévèrement critiqué, lors d’une conférence de presse vendredi, le ministère pour ce retard prolongé qui a eu des conséquences sur les études des élèves n’ayant toujours pas obtenu de places.
Depuis l’obtention de leurs résultats en janvier, de nombreux nouveaux détenteurs de SC ont eu des difficultés à décrocher une place dans un autre collège à cause de leur choix de combinaison de matières pour le Higher School Certificate (HSC) que leur établissement secondaire ne pouvait satisfaire. Devant le retard du ministère à faire connaître les offres possibles dans ses collèges, certains de ces jeunes ont préféré se tourner vers les collèges privés afin de ne pas être en retard sur le programme d’études.
Selon nos informations, le ministère avait envoyé un email aux recteurs dimanche leur demandant de lui communiquer dès leur arrivée à l’école le lendemain les détails par rapport aux places vacantes dans chaque filière d’études. « Dans presque tous les collèges d’État il y a encore trois à quatre places de libres. Nous avons bien reçu un email dimanche soir au sujet des admissions en Lower VI », confirme le recteur d’un collège de la capitale.
Les 97 places offertes dans les collèges nationaux sont réparties comme suit : 9 au John Kennedy College, 20 au MGI, 31 au Piton State College, 15 au Sir Raman Osman State College, 4 au S. Bissoondoyal State College, 14 au Gaetan Raynal State College et 4 au G.M.D. Atchia State College. Il existe aussi plus d’une centaine de places de libres dans divers collèges régionaux à travers le pays.
Dans l’ensemble du secondaire d’État, personnel enseignant et recteurs ne comprennent les raisons pour lesquelles le ministère a tardé à remplir ces vacances d’autant que les écoles concernées ont soumis aux administrateurs à l’IVTB House dès le début de février les informations y relatives. « À plusieurs reprises, des parents sont venus nous voir pour avoir une place mais nous étions incapables de satisfaire leurs demandes parce qu’il fallait attendre les directives du ministère », déplore un recteur d’un collège régional des Plaines Wilhems.
Durant ces trois dernières années c’est le Mauritius Examinations Syndicate qui a attribué les places en Lower VI dans les collèges d’État en se basant sur les informations obtenues du ministère. « C’était un système beaucoup plus rapide et efficace. Les élèves et leurs parents n’étaient pas dans le flou à peine la publication des résultats de SC », commente un assistant recteur.
Un autre problème tout aussi sérieux qui mécontente les directeurs des collèges d’État actuellement est le manque aigu d’enseignants dans plusieurs matières. Cette situation a commencé à agiter des parents d’élèves et plusieurs d’entre eux n’hésitent pas à débarquer dans les établissements pour exprimer leur colère. Les recteurs soulignent qu’ils donnent chaque année au mois de juillet au ministère des premières indications par rapport au “staffing requirement” pour l’année suivante et confirment leur requête vers la fin du troisième trimestre au mois d’octobre.
« Depuis plusieurs mois, les responsables au ministère ont des informations précises sur les besoins de chaque collège en termes de personnel pour chaque matière pour l’année suivante. Ils savent aussi quel employé sera en congé et à quelle période. Ce qui nous fait dire qu’il n’y a pas de planification au niveau du ministère. C’est carrément un problème de mismanagement à l’IVTB House », fustigent plusieurs recteurs.
Ce manque d’enseignants a été aggravé par des transferts non planifiés et qui sont contestés par les enseignants concernés. Un problème quasi-général en ce moment. Par exemple, dans un collège de la capitale, des élèves de Form IV et V n’ont pas eu de classes de comptabilité depuis la rentrée scolaire et dans un autre de la même région des élèves attendent en vain un prof de physique. Le ministère, aux dires de quelques officiers, éprouverait de grandes difficultés à trouver des enseignants pour certaines matières dont la comptabilité, le Travel & Tourism et les matières scientifiques. « Les enseignants arrivent au compte-gouttes », confie un chef d’établissement.
L’on apprend que des parents d’élèves commencent à se mobiliser contre les nombreux free periods durant la journée scolaire à cause du manque d’enseignants. Ils disent envisager une manifestation devant les locaux du ministère à Phoenix.