Vous avez participé à la délégation ministérielle dirigée par le VPM et ministre des Finance Xavier-Luc Duval en Europe, quels sont les arguments utilisés par Maurice pour attirer les investisseurs européens ?
En effet, nous avons participé à une conférence pour présenter Maurice comme une porte d’entrée sur l’Afrique à la cité de Londres. Quelque 200 hommes d’affaires, banquiers, assureurs ont répondu présents. On a fait comprendre aux participants qu’on ne veut pas voler leur business. Nous avons été extrêmement bien reçus par le gouvernement britannique. Pour la première fois un ministre britannique a participé entièrement à une activité de promotion organisée par Maurice à Londres. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre dans les relations avec la Grande Bretagne. Le ministre britannique Henry Bellingham a vanté l’économie de Maurice et sa démocratie. Notre message aux hommes d’affaires a été de dire aux opérateurs britanniques que nous ne sommes pas des concurrents de la City. Il est un fait que les opérateurs britanniques peuvent difficilement pénétrer, par eux-mêmes, le marché francophone ou portugais en Afrique. Ils ne connaissent pas le droit civil français. Il faut savoir qu’une multinationale n’investit jamais dans un autre pays directement. Elle va toujours créer une société intermédiaire enregistrée quelque part dans le monde. Pourquoi donc ne pas créer cette société à Maurice ? Il s’agit toutefois de faire comprendre aux étrangers que cette société que nous voulons accueillir doit comprendre une certaine substance à travers l’ouverture d’un bureau dans l’île avec un personnel permanent et le recours aux services de comptables et d’avocats locaux. Ce qui permet à la société d’être ancrée dans le pays. Ils pourront utiliser cette société pour pénétrer le marché africain.
À Genève le séminaire était plus modeste. C’était un déjeuner de travail auquel participaient des banquiers, des avocats, des gérants de fortunes et des gérants de portefeuilles. La Suisse rencontre actuellement de gros problèmes. Elle est attaquée de partout par l’OCDE, par l’Union européenne etc. On a l’impression que les opérateurs helvétiques tournent en rond. Nous leur avons expliqué qu’on fait désormais la gestion de fonds et de portefeuilles à Maurice. On leur a fait comprendre que Maurice est prête pour ce genre d’activités et a dépassé la simple administration de fonds d’investissement. Nous sommes également mûrs pour les activités dans le domaine du private banking. On a fait comprendre aux banques suisses que c’est le moment de se tourner vers Maurice pour conquérir la région avec des banques privées. On a aussi parlé des nouveaux métiers avec en perspectives évidemment le développement économique du pays et la création d’emplois.