Intervenus lors d’un meeting dans la salle du centre communautaire Idriss Goomany, à Plaine-Verte, les marchands ambulants étaient unanimes hier soir à accuser la police de « voler » leurs marchandises confisquées. Le principal orateur, Salim Muthy, a lancé une série de propositions au Premier ministre en attendant une « solution permanente » au problème des marchands ambulants à Port-Louis. À l’issue du meeting, les marchands ont effectué une marche pacifique du centre Goomany à la municipalité de Port-Louis en empruntant la rue SSR.
« Nou pe rod nou bouse manze… La polis sezi nou lartik, rass nou lartik. Ki zot fer ek nou lartik. Personn na pa kone ! » Noorjahan Ramjett, une marchande ambulante opérant à la gare du Nord, est excédée. Première à intervenir hier lors du meeting nocturne dans la salle du centre communautaire Idriss Goomany, à Plaine-Verte, elle a donné le ton de cette accusation en règle des agissements présumés de la police, qui aurait procédé à la saisie des produits des marchands ambulants. « Ki zot fer ek nou bann marsandiz ki nou finn aste ? » se demande-t-elle.
« Aret koquin nou bann lartik ! » s’écrie aussitôt Steeve Thomas, lui aussi marchand ambulant. Il présidait le meeting. « Zordi, nou pou denons sa bann lapolis ki koquin nou lartik », lance-t-il alors que, de l’audience, quelques noms de policiers affectés à une station spécifique fusent, sous l’approbation générale.
Bye Noor, homme religieux et également marchand ambulant, s’évertue à dénoncer au micro la politique « dominer » de la police. « Nou lartik, ki nou finn aste ek nou douler, pa gagne drwa vande. Loteri, ki “haram” (Ndlr : “malsain”) gagne drwa vande ek benediksyon bann lotorite », s’est-il indigné. Et d’expliquer qu’ils sont nombreux à avoir embrassé le métier de marchands ambulants parce qu’ils n’ont pu se faire embaucher dans la fonction publique. « Nou pa gagne drwa res trankil kont linzistis ! » s’est-il écrié pour expliquer son engagement aux côtés des marchands ambulants en faveur de la justice sociale.
Bye Noor a lui aussi dénoncé la saisie de ses marchandises par la police. « Zot bizin rann nou lartik. Ki zot fer ar sa ? » se demande-t-il avant de dénoncer l’incapacité des autorités gouvernementales et municipales à trouver une solution à leur problème. « Si ou pa kapav trouv enn solisyon pou nou, less nou travay trankil ! » a-t-il insisté.
Shamina Moonien, deuxième femme à intervenir lors de ce meeting, a également critiqué la saisie des produits des marchands ambulants par la police ainsi que l’agissement des agents de l’ordre. « Nou pou defann nou », a-t-elle promis.
Ce « traitement inhumain » allégué des marchands ambulants par certains policiers, Nowshad Ramchurn a été le plus virulent à le dénoncer. « La polis zet nou dan keson 4X4 kouma zanimo ! » s’est-il indigné. Selon lui, le Premier ministre est « mal informé » sur leur situation. « So bann minis, ek so bann konseyer, per pou dir li ki kalite marsan ambilan pe soufer », a-t-il affirmé.
Lors de son intervention, le principal orateur du meeting, Salim Muthy, a adressé une série de propositions aux autorités en attendant de trouver « une solution permanente » au problème des marchands ambulants (voir encadré). Il a ainsi exhorté les marchands à ne pas s’installer sur les deux sites identifiés au Caudan et à la gare du Nord pour les loger. « Li enn foss solisyon : apre enn an, pou tir ou la… Vwala kifer ou bizin laguer pour enn solisyon permanan », a-t-il insisté.
À la fin du meeting, les marchands ont participé à une marche pacifique partie du centre Idriss Goomany jusqu’à la municipalité de Port-Louis. « Pa pou kapav dir ki marsan ambilan pe blok lari ! » a expliqué Salim Muthy. Et d’annoncer pour conclure qu’il remettra lundi une lettre contenant ses propositions au Premier ministre.