D’un côté, le Front Commun des Commerçants (FCC) poursuit son combat en refusant de s’acquitter des trade fees annuels en raison de l’envahissement des marchands dans la capitale. De l’autre, les marchands ambulants par la Street Vendors Association (SVA) se disent satisfaits de l’évolution des négociations ayant débouché sur un décaissement de Rs 117 millions pour leur relogement sur trois sites.
Les Rs 117 M serviront à rénover deux sites: la gare Victoria et la Place de l’Immigration de la gare du Nord ayant été identifiées en 2013 grâce au comité ministériel présidé par le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo et qui bénéficie de la collaboration de plusieurs autres ministres, dont celui des Administrations régionales, Hervé Aimé. Un troisième site a été earmarked, la semaine dernière, après plusieurs consultations entre ministres et marchands ambulants estimés à 1300: la Place LIC Building à la rue Monneron.
Pour Hyder Raman, le porte-parole des marchands ambulants, ce dernier développement représente la lumière au bout du tunnel. De sources sûres, il détiendrait l’information selon laquelle l’appel d’offres pour rénover les sites sera lancé dans les prochains jours, pour leur permettre de travailler dans la dignité.
Une situation qui est loin de plaire au FCC étant donné que les commerçants se battent contre le nombre envahissant de marchands ambulants dans la capitale. D’ailleurs, les commerçants ont, sur mot d’ordre du FCC, refusé de payer la 2e tranche des Trade Fees le 31 juillet dernier, malgré une baisse de 50% des frais par l’Association of Urban Authorities (AUA). « Il est inconcevable de débloquer Rs 117 M maintenant alors que les marchands de rues ne paient aucune taxe! Cela ressemble à un bribe électoral. Cet argent aurait dû être injecté dans le service hospitalier, éducatif ou autres causes urgentes », peste le président du FCC, Raj Appadu.
Un argument que ne partage pas Hyder Raman. Pour lui, tout n’est que démagogie. « Tant que l’opinion publique ne cessera d’être tiraillée, nous n’arriverons à rien. Si l’on veut que les marchands ambulants qui travaillent depuis plus de 20 ans dans la capitale le fassent dans la dignité humaine et un encadrement légal, il faut que tout ceci cesse », clame Hyder Raman.
Toutefois, loin de se laisser démonter, le FCC brandit la menace d’avoir recours à la justice car le jugement délivré en 2012 en Cour suprême, interdisant les marchands ambulants dans plusieurs rues de Port-Louis et dans un rayon de 500m du marché central, n’a jamais été respecté.
Rappelons que, le mois dernier, la mairie de Port-Louis a décidé, lors de son Conseil, de ne plus s’attaquer au problème de marchands ambulants car le ministre Aimée a décidé de prendre le dossier.
Une problématique qui promet de demeurer entière.