Les marchands ambulants comptent faire fi des autorités aujourd’hui, samedi 23, en s’installant de nouveau dans les rues de Port-Louis, cela en dépit de l’interdiction formelle pour eux d’opérer. Dans une déclaration au Mauricien tard dans l’après-midi d’hier, Hyder Raman, président du Front commun des marchands ambulants, explique que les colporteurs ont perdu espoir. « Nounn perdi lespwar, marsan pou travay zordi dan Port Lwi ! » a-t-il fait comprendre.
L’appel a été lancé sur Facebook également, où un groupe de colporteurs ont soutenu que « Pena Husnoo ou le maire narien, nou pou vande ». Après avoir effectué cinq jours de sit-in devant le Renganaden Seeneevassen Building et la municipalité de Port-Louis, les marchands ambulants comptent s’opposer à l’interdiction d’opérer dans les rues de la capitale. Hyder Raman soutient que le Front commun souhaitait négocier avec les autorités, par l’entremise du ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo, au sujet d’une période moratoire accordée aux colporteurs, ce jusqu’à ce que les projets d’infrastructures des nouvelles gares du Sud et du Nord soient livrés. Depuis lundi dernier, les colporteurs ont campé devant la municipalité de Port-Louis dans le but de négocier une période moratoire tandis que les points stratégiques de Port-Louis, à savoir 14 rues, étaient placés sous forte surveillance policière.
Mardi, ils ont été reçus par le Lord-maire, Oomar Khooleegan, pour négocier de nouvelles conditions et réclamer « sur une base humanitaire » une période moratoire. Mais le Lord-maire leur a présenté des arguments réfutant les leurs. Plusieurs députés du gouvernement comme de l’opposition, notamment Shakeel Mohamed, Osman Mahomed, Reza Uteem, Veda Baloomoody, Jean-Claude Barbier, Aadil Ameer Meea, Danielle Selvon et les PPS Roubina Jadoo-Jaunbocus et Salim Abbas Mamode, ont rendu visite aux colporteurs devant la municipalité pour écouter leurs revendications. Les marchands ont occupé la municipalité de Port-Louis jusqu’à tard dans la nuit.
Mercredi, au troisième jour de sit-in pour les colporteurs, le ministre des Collectivités locales déclarait qu’il ne comptait pas céder. Danielle Selvon s’est présentée comme le conseil légal des marchands ambulants et a invité le gouvernement à revoir sa position. Elle prend contact avec le Prime Ministers Office.
Jeudi, Danielle Selvon a soumis un dossier complet au Prime Minister’s Office avec un plan intégré pour la relocalisation des marchands ambulants : aménager des rues piétonnes dans la capitale pour en faire des “souks” comme au Maroc ou les fameux “markets” à Minneapolis aux USA ou en Europe. Ces places peuvent devenir, selon elle, des attractions touristiques. Ce projet serait financé par une sorte de système de péage, ou “road toll” pour l’entrée à Port-Louis. En attendant que ce projet se concrétise, elle suggère que les marchands ambulants continuent de travailler dans les rues.
Hier pour le cinquième jour de sit-in, Danielle Selvon a rencontré une fois de plus les marchands ambulants au Renganaden Seeneevassen Building. Les colporteurs affirmaient alors qu’ils ont perdu espoir et qu’après avoir perdu plusieurs journées de travail, ils comptaient retourner dans les rues de la capitale aujourd’hui…