Les marchands ambulants de Port-Louis tentent le tout pour le tout pour obtenir l’autorisation de travailler de nouveau dans les rues de la capitale. À l’heure où nous mettions sous presse, les négociations se poursuivaient et les recours s’intensifiaient pour faire entendre leurs voix auprès des hauts placés au niveau du gouvernement, mais surtout pour négocier un moratoire. Ils ont même, par l’entremise de leur avocate, soumis une correspondance à la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim.
Les colporteurs de la capitale entament aujourd’hui leur deuxième semaine de sit-in devant la municipalité et le Renganaden Seeneevassen Building dans l’espoir que la mairie de Port-Louis et les Collectivités locales reviennent sur leur décision de les reloger à Decaen et Immigration et dans ce sillage, vider les rues de la capitale des colporteurs. Depuis lundi dernier, ces derniers s’acharnent à camper devant ces lieux en dépit du fait que le ministre Anwar Husnoo et le Lord-maire, Oomar Khooleegan ont fait comprendre que les autorités ne comptaient pas faire marche arrière.
Du côté du Front commun des marchands ambulants, qui reçoit l’aide de la députée indépendante Danielle Selvon, qui s’est également présentée comme leur avocate, les tentatives de contact avec ceux au plus haut niveau décisionnel se succèdent. En effet, après une lettre au Prime Minister’s Office la semaine dernière, c’est à la Présidente de la République qu’une nouvelle correspondance a été adressée. Les colporteurs ont également eu des prises de contact avec la Private Parliamentary Secretary (PPS) Rubina Jaddoo-Jaunbaccus dans le but de solliciter le leader du MSM, Pravind Jugnauth. Durant le week-end, des représentants religieux ont accordé leur soutien aux marchands ambulants, suivi de visite des lieux à la Place Decaen afin de comprendre les griefs des colporteurs qui refusent de s’y installer. À l’heure où nous mettions sous presse, les dirigeants du Front Commun et leur avocate, Danielle Selvon, se concertaient concernant la marche à suivre. « Nou pe rode soutien bann dimounn ki pou azir couma pon avek bann otorite », explique Hyder Raman. En cas d’échec, une grève de la faim n’est pas à écarter, selon notre interlocuteur : « Ena enn group madam ki deza pre… Zot pena manze bwar. Zot inn fer mwa kone ki si bizin mor dan enn leta parey zot pre », dit-il.
Selon Hyder Raman, le sit-in des marchands ambulants n’est qu’une manifestation de la liberté d’expression qui, dit-il, est garantie par la Consitution. « Nou pou kontinie rasanble ziska ki lotorite tann nou lavwa », soutient le président du Front commun des marchands ambulants.
Quoi qu’il en soit, la journée de ce lundi promet d’être décisive concernant la marche à suivre du côté des marchands ambulants, notamment pour décider s’il y aura ou pas grève de la faim. « Nous avons accordé un délai de 48 heures aux autorités, nous prendrons une décision à la fin de la journée », fait comprendre Hyder Raman. Ce dernier se dit d’ailleurs confiant qu’une solution temporaire sera trouvée pour les marchands ambulants. « Ena bokou dimounn pe met baton dan larou me mo ankor krwar dan sazess Premie minis, sir Anerood Jugnauth », dit-il.