La Market Traders Association (MTA) s’indigne du manque d’actions policières « dissuasives » sur la présence et les opérations des marchands ambulants aux abords du marché central, près des rues Farquhar et La Reine. Ce qui favorise, selon les maraîchers, l’invasion de marchands ambulants. La MTA fulmine devant ce qu’elle considère comme « l’impuissance » de la police.
L’association des maraîchers de Port-Louis affirme qu’entre 11h30 et 14h30, les policiers sont peu présents sur les lieux afin de mettre de l’ordre dans les rues Farquhar et La Reine, qui donnent un accès direct au marché central. « Entre-temps, des centaines de marchands envahissent ces deux rues. Il y a anguille sous roche », affirme Issoop Soobedur, président de la Market Traders Association, qui a fait état de cette situation à l’assistant Commissaire de Police hier.
Dans la conjoncture actuelle, et à l’approche des fêtes de fin d’année – où les marchands ambulants pullulent –, la MTA s’est réunie d’urgence hier après-midi. Ses membres sont d’avis que le dossier des marchands ambulants n’aurait pas dû être retiré de la municipalité de Port-Louis. Le dossier ne figure en effet plus sous la responsabilité de la ville depuis que le ministère des Administrations régionales avait, dans une correspondance, fait savoir au conseil qu’il s’en chargeait. De plus, en juillet dernier, le conseil municipal de Port-Louis avait voté à l’unanimité une motion visant à ce que la municipalité n’intervienne plus dans la saisie des marchandises des colporteurs.
Dans tous les cas, c’est l’exaspération depuis un bon moment dans le camp des maraîchers. « Malgré deux jugements de la Cour, où nous avons obtenu gain de cause – établissant que les marchands ambulants n’ont pas le droit d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central –, nous avons le sentiment que la municipalité et la police se renvoient mutuellement la balle », lance le président de la MTA. Les commerçants ont récemment servi une mise en demeure à la mairie de Port-Louis afin de rappeler son  engagement au sujet des mesures et sévir contre le commerce illégal.
La MTA, qui continue de monter au créneau pour dénoncer la concurrence déloyale des marchands ambulants, pointe du doigt non seulement la police, mais aussi la municipalité, qu’ils accusent « de ne pas faire correctement leur travail ». Pour Issoop Soobedur, « travay pa pe marse ditou ; pas kapav zoine le de boute ». Du fait des marchands ambulants, ils sont ainsi une vingtaine de maraîchers à avoir dû plier bagage ou à avoir préféré ne pas venir travailler, ajoute notre interlocuteur. Pour Isoop Soobedur, il s’agit d’un « patrimoine qui se retrouve aujourd’hui menacé ».
Un ultimatum est lancé au gouvernement et aux autorités. « MTA dimande ki municipalite Port-Louis ek gouvernma decide ki pou fer ene bonne fwa avec sa problem marsan ambilan-la. Se ene patrimoine ki pe detrire de zour en zour », affirment les marchands, qui avaient, à un moment, même menacé de ne pas payer leur loyer pour les étals à la municipalité en l’absence de mesures fortes à l’encontre des marchands ambulants.