La demande d’injonction par la Street Vendors’ Association réclamant le gel de la décision de la Cour suprême d’interdire aux marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central a été renvoyée au 19 septembre. Selon la SVA, cette décision « n’a pas sa raison d’être car à aucun moment nous n’avons été invités dans le cadre des procédures judiciaires à la Mediation Division alors que nous sommes aussi partie prenante ». De son côté, la Market Traders’ Association (MTA) a fait servir une mise en demeure ce matin à la police et la municipalité de Port-Louis qui tentent toujours de remédier à la situation.
Une véritable bataille juridique se tient actuellement entre la SVA, qui regroupe les marchands ambulants de la capitale, et la MTA. Après avoir juré un affidavit vendredi dernier et fait une demande d’injonction réclamant le gel de l’ordre qu’a émis la Cour suprême, la SVA comptait aussi présenter un Stay of Execution – motion qui aurait permis aux principaux concernés de poursuivre leurs activités en attendant une décision. Le juge Caunhye, chargé de l’affaire, a néanmoins renvoyé la session au 19 septembre.
Les marchands ambulants se retrouvent donc une fois de plus à la case départ. Accompagnés de leur avocat Me Assad Peeroo, les membres de la SVA s’interrogent toutefois sur les éventuelles actions à initier. « La question demeure : devons-nous attendre la décision juridique avant de poursuivre nos activités ? »
D’ailleurs, depuis le 27 août, la police et la mairie de Port-Louis ont procédé à l’application d’un ordre émis par la Cour Suprême à la suite d’une décision de la Mediation Division. Les marchands ambulants ne peuvent dès lors opérer aux abords du marché central. Or, ils contestent cette décision, maintenant qu’elle n’a aucune raison d’être vu qu’« une des parties concernées (les marchands ambulants) n’était pas présente pendant les procédures judiciaires ».
De son côté, la MTA a fait servir une mise en demeure à la police et la municipalité de Port-Louis afin que l’ordre juridique soit respecté. Interrogé par Le Mauricien, Isoop Soobedur, président de cette association, dit ne pas comprendre pourquoi ces deux instances ne peuvent appliquer un ordre de la Cour suprême.
Pour Hyder Raman, président de la SVA, cette action juridique est synonyme de « victimisation » pour la communauté des marchands ambulants. « Pour certains d’entre nous, cela fait 30 ans que nous opérons dans ce domaine. C’est notre seul emploi. Depuis que nous n’avons plus le droit de travailler, de nombreuses familles souffrent. Cette situation a provoqué un traumatisme dans certains foyers », affirme-t-il.
Le président de la SVA a par ailleurs rencontré hier le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques pour lui exposer ses griefs. Un comité interministériel présidé par Anil Bachoo et composé de Shakeel Mohamed (Travail), Hervé Aimée (Administrations régionales), Vasant Bunwaree (Education) et de Deva Virahsawmy (Environnement) a été institué en vue d’étudier les solutions que pourraient proposer les autorités compétentes aux parties concernées. Il se réunit aujourd’hui pour prendre connaissance des propositions de la SVA.
La municipalité envisage de redistribuer les étaux saisis aux marchands ambulants en cas de relogement et de régularisation. Cela se fera, entre autres, à travers un appel d’offres. Par exemple, explique-t-on du côté de la municipalité, « le demandeur d’étal ne doit pas détenir d’autre permis et la priorité sera donnée aux chômeurs ».