Le renvoi de l’injonction par la Street Vendors Association (SVA) réclamant le gel de la décision de la Cour Suprême (interdiction aux marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central) du 6 octobre a provoqué la colère des marchands ambulants. Ils étaient plus d’une centaine à exprimer leur mécontentement ce matin à la Place d’Armes. La décision du comité interministériel réuni ce matin sera déterminante en vue de la marche à suivre, disent les marchands ambulants.
« Les marchands ambulants sont devenus incontrôlables. Je n’aurai plus le contrôle de leurs faits et gestes encore bien longtemps », a déclaré Hyder Raman — président de la SVA au Mauricien ce matin devant la statue d’Emmanuel-Anquetil à la Place d’Armes. « Il faut qu’une solution temporaire soit trouvée. Le renvoi de l’injonction pour le gel de la décision de la Cour suprême au 6 octobre ne nous donne aucune garantie que nous gagnerons notre bataille légale », explique-t-il.
D’ailleurs, cette décision aurait causé le « ras-le-bol » des marchands qui disent être « sans cesse persécutés » par les forces de l’ordre. Rappelant toutefois que la SVA et l’AMAN ne souhaitent pas aller à l’encontre de l’ordre de la Cour Suprême. À la Place d’Armes ca matin plus d’une centaine de marchands ambulants (hommes, femmes et enfants) exerçant à la gare du Nord et à la rue Farqhuar réclamaient la même chose : « Less nu travay pou ki nu kapav sirviv. » Pour Chotah Hossenally, « anpes marsan anbilan travay se pir ki enn katastrof natirel parski lavi enn fami en jeu ». « Zot pe koz Best Loser System ki depase, me se sa linterdiksion 500 mètres-la ki depase », renchérissent d’autres, déplorant ainsi la mise à exécution de l’ordre de la Cour Suprême interdisant les marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central par la police et la municipalité de Port-Louis. D’ailleurs, ils s’interrogent sur les motivations derrière cet ordre « maintenant » alors qu’ils n’ont pas été inquiétés à ce sujet durant plusieurs années et pointent du doigt la façon de procéder des policiers « pour faire respecter la loi ».
Depuis que cet ordre de la Cour suprême a été émis, les marchands n’ont de cesse de jouer au chat et à la souris avec les policiers. « Nu bizin gagn nu bouse manze. Nu ena zanfan pou nouri », clament plusieurs femmes qui vendent des vêtements à la rue Farqhuar. Iqbal Ozir est du même avis. Il pointe du doigt le laxisme des autorités concernant l’opération d’autres marchands qui opèrent dans un rayon de 500 mètres mais pas à la rue Farqhuar. « Ki fer ziss bann marsan Farqhuar ki pe gagn problem. Kifer bann lezot marsan-la pa gayn nanie », s’interroge-t-il. Les marchands sont catégoriques : « Nous ne bougerons pas tant qu’une solution n’est pas trouvée. » Ils pointent du doigt la lenteur des décisions rappelant dans le même souffle l’urgence pour qu’une solution temporaire soit trouvée afin de résoudre cette situation. « Nu sitiasion kritik. Nu bann marsan nu pe sibir enn tromatism », dit-il.
Par ailleurs, les marchands ambulants attendent la décision du Comité interministériel pour déterminer la marche à suivre. Le Premier ministre a été également critiqué concernant son intervention dans ce dossier. « Ziska ler pa tann nanie mem. Mem bann minis pa tann zot dir nanie. Sa pe fer plis ki 25 zour ki nu pa pe travay », disent-ils.
Ce matin, plusieurs correspondances ont été envoyées notamment à Navin Ramgoolam, le Commissaire de Police, au Lord-maire Mahmade Khodabaccus à chaque ministre du comité interministériel s’occupant de ce dossier entre autres.
Par ailleurs, le conseiller Eshan Juman, qui se trouvait à la Place d’Armes ce matin, a laissé entendre que sa présence témoigne de sa solidarité envers les marchands ambulants. Pour lui, la meilleure solution serait de décréter la rue Farqhuar de Temporary Hawkers Zone. « Mais la décision revient au Comité interministériel », dit-il. Du côté de la mairie de Port-Louis, c’est le même son de cloche.