L’Association des commerçants de Beau-Bassin–Rose-Hill dénonce ce qu’elle qualifie de « politique de deux poids, deux mesures » concernant un groupe de colporteurs opérant en toute impunité. Certains auraient même pignon sur rue et s’adonneraient, de temps à autres, à des actes de provocation et de harcèlement à l’égard des commerçants ayant protesté contre leur présence ou qui les ont réprimandés.
Exaspération, frustration, mécontentement… Tels sont les sentiments qui animent les membres de l’Association des commerçants des Villes-Soeurs qui, à la veille des fêtes de Noël et de Nouvel An, ne tolère plus la présence de marchants ambulants et autres commerces illégaux. Bien que reconnaissant que le fléau est moindre à Beau-Bassin–Rose-Hill, contrairement à la situation prévalant dans la capitale, et que des inspecteurs et des policiers patrouillent, l’association dénonce un groupe de colporteurs qui continuent d’opérer, ayant recours à différents subterfuges et usant même de la provocation à l’égard des commerçants qui sont en règle. « Aux Arcades Sunassee, un petit groupe de ces marchands se tiennent là en permanence avec leurs véhicules bourrés de marchandises, en stationnement sur des parkings payants toute une journée sans que ni les inspecteurs municipaux, ni les policiers, ni les inspecteurs de la NTA n’osent les déloger. Et ces mêmes marchands proposent des produits qui sont vendus dans des magasins situés à proximité, et ce sans avoir à payer le moindre sou à la municipalité ou à respecter aucun règlement, tout en s’octroyant les meilleures positions possibles », explique Prakash Permala et Ismed Adboolah, respectivement président et secrétaire de l’association. Ces derniers ont le sentiment que toute le périmètre des Arcade Gujadhur, Sunassee et Complex Royale leur sont réservés. « Nous avons à maintes reprises, dans des correspondances ou au cours de réunions séparées ou conjointes avec la municipalité et la police, attiré l’attention sur ce que nous considérons, à juste titre, comme un “passe-droit” et une “provocation à outrance”, dans le sens où ce groupe opère pratiquement devant la porte de ma boutique. Mais à ce jour, rien de positif n’a été fait », affirme Prakash Permala.
L’association dépeint une situation « chaotique » durant les périodes de festivités, avec des parkings payants pris d’assaut tous les jours par des marchands qui y stationnent toute la journée, en dépit des règlements et des panneaux indicateurs, ou encore avec certains n’hésitant pas à transformer les étals de fruits en « magasins à ciel ouvert », où différents articles sont vendus : pétards, guirlandes, décorations…
L’association réagit également après qu’un commerçant – dont le magasin est situé aux Arcades Sunassee – a, durant le week-end dernier, érigé (sans l’aval des autorités et les permis de la municipalité) une structure métallique sur le parking de la Place Margéot, et ce  en vue d’étendre son magasin et d’exposer ses produits (Ndlr : la mairie a ordonné la démolition de la structure et le commerçant s’est exécuté quelques jours après). Bien que dénonçant le geste de ce commerçant, l’association affirme que la réaction de ce dernier ne serait pas « étrangère à ces comportements belliqueux » et qu’une autre raison qui aurait pu motiver ce commerçant à prendre une décision aussi radicale, est qu’il y a eu, dans le passé, « beaucoup de laisser-aller et de laisser-faire » en ce qui concerne les structures illégales ou l’appropriation des lieux ou passages publics dans la ville pour des activités commerciales illégales.
L’association durcit le ton et demande que la municipalité réagisse. « Dans les jours qui viennent, ce petit groupe familial grossira considérablement devant l’entrée de l’Arcade Gujadhur/Complex Royale. Que la mairie, ou le maire lui-même, ait pris des dispositions rapides pour mettre de l’ordre sur la Place Margeot la semaine dernière, en faisant démolir la construction illégale, c’est tout à fait à leur honneur. Mais lorsqu’ils traînent des pieds pour agir efficacement contre des hors la loi pour faire respecter les droits des commerçants, ça reste quand même un épais mystère… » estime Prakash Permala.