Le “certificat de caractère” demeure, pour les marchands de plage travaillant en face des hôtels, un obstacle majeur pour le renouvellement de leur permis d’opérer. Alors que les membres de la Federation of All Beach Hawkers (FABH) réclament l’abolition de ce document pour obtenir leur permis, Michael Sik Yuen, le ministre du Tourisme et des loisirs, donne l’assurance « d’allèger le fardeau » des marchands de plage. C’était hier, lors de l’Annual General Meeting de la fédération, qui s’est tenu au centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, où était également présent Niven Muneesamy, directeur de la Tourism Authority (TA).
« Nous trouverons une solution à votre problème », a assuré le ministre du Tourisme. Prenant la parole hier lors de l’AGM de la FABH, Michael Sik Yuen a soutenu que les difficultés rencontrées par les marchands de plage lors de la livraison des permis d’opération seront réglées au « cas par cas ». « Grâce à cette approche, nous avons pu régler pas mal de problèmes et certains marchands de plage peuvent aujourd’hui travailler », soutient-il. Mais de prévenir, dans le même souffle, que « la livraison du permis dépend de la gravité du délit dont est responsable le postulant », ajoutant : « S’il s’agit d’un délit grave, nous ne pouvons rien y faire. Car l’image de notre industrie touristique en dépend. »
Cependant, pour Aubeeluck Joomeed, président de la FABH, interrogé après l’AGM d’hier, « le problème est loin d’être résolu ». Souhaitant l’annulation de ce document lors de la demande de permis, celui-ci estime que le traitement « au cas par cas » pour la livraison de permis est « discriminatoire ». Selon notre interlocuteur, cela risque de « laisser place à la corruption ». Et de préciser que « sa system-la  akseler livrezon permi pou bann dimounn ki ena kontak. » Les marchands de plage espèrent néanmoins que les autorités compétentes se penchent sérieusement sur cette difficulté. « Les démarches administratives peuvent prendre plusieurs jours. C’est un manque à gagner pour les marchands de plage », disent-il. Et d’affirmer que la demande d’un « certificat de caractère » ne doit pas être réclamé aux marchands de plage, qui opèrent sur la plage publique. « Nou fer mem travay ki zot. Kifer nou, nou bizin ena ene tretman diferan ? » s’interroge-t-il.
Le président de la fédération a encouragé ceux présents à se regrouper en  associations selon leur lieu de travail. « Chaque région a ses problèmes propres. Les marchands de plage de Shandrani ne rencontrent pas les mêmes problèmes que ceux de Flic-en-Flac. Il est important que ces marchands se regroupent car la solidarité sera notre force », a lancé M. Joomeed à l’assemblée.
Prenant la parole, Niven Muneesamy, directeur de la Tourism Authority, a souligné pour sa part les changements ayant lieu au sein de l’organisme qu’il patronne. Revenant sur la nécessité d’une entraide entre chaque membre de cette communauté, il a également rappelé l’importance de la formation. Selon l’orateur, les cours de “Customer Care” dispensés par la TA aux marchands de plage contribueront à la « bonne réputation » du pays auprès des touristes. Le ministre de tutelle a abondé dans le même sens, revenant sur le nombre d’emplois (directs et indirects) créés grâce à l’industrie touristique. Le ministère a encouragé les membres de la fédération à lui faire part de leurs propositions. Rappelons que la FABH regroupe quelque 200 marchands travaillant sur les plages en face des hôtels. Elle a vu le jour en décembre 2013.