Les marchands saisonniers qui vendent de la nourriture et des gâteaux aux abords des lieux de culte ne seront pas autorisés à le faire cette année à l’occasion du Ramadan. Les pouvoirs publics, l’Etat, la municipalité de Port-Louis et les forces policières ne comptent pas les laisser faire, comme c’était le cas auparavant pour les marchands ambulants qui sont interdits des rues de la capitale depuis quelques semaines et qui ont rejoint les deux lieux désormais réservés à leur activité, à la gare de l’Immigration et sur la Place Decaen.
Ces marchands saisonniers sont généralement présents peu avant la fin du jeûne journalier et vendent de la nourriture destinée à ceux qui le pratiquent. Les autorités ne comptent pas se montrer flexibles en autorisant l’occupation de la voie publique, mais des solutions alternatives sont actuellement étudiées. Ainsi des espaces privés pourraient être choisis aux alentours des mosquées sur des terrains privés.
Faire respecter les mesures
Cette décision reste dans la logique de l’ensemble des mesures prises et mises en pratique depuis avril dernier pour déloger les marchands ambulants des rues de Port-Louis, selon un jugement de la Cour suprême. Ces mesures sont généralement bien accueillies par les Port-louisiens et ceux qui y travaillent même si certains regrettent leurs «petites affaires» pendant l’heure du déjeuner. Les adeptes de ce mode de consommation se sont adoptés à la situation et se rendent de plus en plus nombreux aux points choisis pour l’heure par la mairie de Port-Louis.
Les premiers effets positifs de cette opération nettoyage de Port-Louis se sont déjà fait ressentir du côté des magasiniers qui se trouvaient dans les zones perturbées et qui détiennent une licence en bonne et due forme des autorités : leur clientèle refait lentement mais sûrement le chemin de leurs boutiques. Au niveau du Marché central, les affaires sont en nettes reprises et des augmentations de vente de plus de 30% sont annoncées. Enfin pour ce qui est de la circulation dans la capitale, aussi bien pour les piétons que pour les automobilistes, la situation est plus fluide et la sécurité s’est nettement améliorée.
Cette première phase mise en pratique, les autorités, avec la même intention de  « nettoyer la ville » de Port-Louis, comptent enclencher la deuxième phase. Les nouvelles cibles sont les propriétaires de magasins qui continuent à exposer leurs produits sur la voie publique en usant des stratagèmes qu’ils avaient utilisés pour bloquer les marchands ambulants lorsque ceux-ci s’étaient installés devant leur commerce. Les infrastructures métalliques érigées dans le but de prendre le contrôle de la chaussée seront également détruites sous peu.
Des notices ont déjà été servies et les propriétaires de magasins indélicats devront aussi s’y conformer. Les late night hawkers, des marchands de nourriture principalement, sont aussi dans le viseur des autorités et des opérations d’évacuation sont aussi en cours dans les principales artères de la capitale.
Enfin, la mairie compte mener une campagne de sensibilisation auprès des maraîchers pour qu’ils respectent les allées dédiées aux piétons et pour qu’ils ne les envahissent pas avec leurs boîtes et paniers. Les premiers effets sont déjà visibles : la circulation au Marché central est plus fluide et les clients, qui avaient perdu l’habitude d’être si choyés, sont ravis.